La Rochelle - 25 aout 2006

Merci d’être aussi nombreux et aussi chaleureux. Merci devant la presse nationale, régionale et internationale de donner une si belle, une si formidable image du Parti socialiste. Merci à vous militants, d’être ici chaleureux, rassemblés, heureux d’être ensemble. Bienvenue à La Rochelle et bienvenue dans la région Poitou-Charentes, que j’ai le plaisir de présider et qui, comme vous le savez, a été reprise à la droite et à RAFFARIN. Merci à Jean-Christophe pour l’organisation de cette formidable université d’été qui arrive à un moment politique très important de notre Parti, et de m’avoir invitée en tant que présidente de région et rien que cela, à ouvrir cette université d’été. Rien que cela et ça me va. Ca me va parce que je pense aujourd’hui, que la politique se fait par la preuve et je voudrais vous dire, militants socialistes, que lorsque j’ai réuni hier, 21 présidents de région socialistes, eh bien nous étions fiers de ce que nous avons accompli dans nos régions en deux ans. Non-seulement au nom des socialistes, parce que je vais y revenir, nous avons tenu la parole du projet des socialistes, mais aussi parce que le projet que les socialistes ont adopté pour l’élection présidentielle, se nourrit du travail au quotidien des élus socialistes et des majorités de gauche, avec les Communistes et les Verts et les Radicaux rassemblés. Et c’est quand nous sommes unis dans nos régions, que nous savons avancer et régler les problèmes des gens. Et pour tout cela, je voudrais, à travers vous, remercier l’ensemble des militants qui ont d’abord porté cette formidable victoire des élections régionales ; comme nous avons été fiers, et qui, aujourd'hui, peuvent être assurés que, dans la campagne qui s’ouvre, le bilan des présidents de région socialistes, non-seulement vous en serez fiers, mais la France en sera fière et elle comprendra que, le jour où les régions de France pourront s’appuyer sur un Etat central, qui tire dans la même direction, qui est inspiré par les mêmes valeurs de solidarité et de lutte contre les inégalités, qui relève tous les jours le défi de la lutte contre la précarité, de l’égalité scolaire, de la bataille pour l’emploi et pour la formation professionnelle, alors lorsque l’Etat central, en fonctionnant mieux et en étant au clair et en harmonie avec les raisons et les façons de faire dans les régions socialistes, alors oui, la France se redressera.
Elle ira de l’avant et elle construira jour après jour une société plus solidaire. Voilà l’enjeu de l’année prochaine. Et alors ce qui frappait hier dans cette réunion des présidents de région socialistes, c’est leur force, c’est leur détermination, c’est leur joie d’avoir accompli ce travail, malgré les embûches, malgré les difficultés, malgré un pouvoir de droite qui, comme vous le savez, a frelaté la décentralisation, l’a galvaudé, l’a détourné de ses objectifs, n’a pas transféré au territoire les ressources fiscales nécessaires, a creusé les inégalités entre les différents territoires. Alors oui, tous les jours nous sommes à la tache avec les valeurs qui nous anime, avec les résultats qui sont les nôtres, avec le travail qui reste à accomplir. Et nous le faisons d’abord en ayant tenu parole. Vous vous souvenez puisque, cette campagne, vous l’avez conduite sur les marchés, auprès des citoyens. Eh bien cette parole-là, nous l’avons tenue, c’est très important parce que, aujourd'hui, les citoyens regardent la responsabilité des politiques. Ils regardent ce que les responsables politiques, auxquels ils ont confié ce pouvoir extraordinaire, de pouvoir agir au nom de l’intérêt général, c’est ça le cœur de la politique et lorsque nous sommes dépositaires de ce pouvoir extraordinaire, nous devons en faire quelque chose et les Socialistes, ils ont fait quelque chose de ce pouvoir dont ils ont été dépositaires. Et d’abord, ils ont tenu parole sur l’éducation. Vous vous souvenez, sur les livres gratuits ; toutes les régions ont réalisé sur leur territoire, l’accès aux livres gratuits pour tous les lycéens, trois millions et demi de lycéens.
A comparer d’ailleurs, avec l’annonce de la droite ce matin, rapidement comme ça avant la rentrée scolaire, d’une prime pour les étudiants. 80 000 étudiants sur deux millions et demi d’étudiants vont être concernés par cette prime. Dans les régions socialistes, ce sont trois millions et demi de lycéens qui ont la gratuité des livres scolaires et 800 000 lycéens dans les lycées professionnels qui, désormais, ont la boite à outils gratuite et l’ensemble des matériels nécessaires dans les lycées professionnels pour étudier. C’est ça la politique des Socialistes. Nous nous étions ensuite engagés sur les emplois jeunes. Dans la totalité de nos régions, ce sont 80 000 emplois jeunes qui ont été créés, emplois tremplin, qui ont été mis en place. Des aides économiques aux entreprises, du soutien aux pôles de compétitivité. Nous avons, dans nos régions, mis en place une centaine de pôles de compétitivité. Ce n’est pas le pouvoir central qui a fait cela, c’est nous, dans nos régions où nous avons rassemblé les laboratoires de recherches, les entreprises, les lieux de formations professionnelles et où nous attendons désormais une aide de l’Etat qui ne vient pas. Alors si demain, l’Etat central tire dans la même direction que les régions, mais nous verrons se déployer les talents sur notre territoire ; le potentiel de nos laboratoires de recherches, les emplois du futur et c’est la raison pour laquelle aussi l’échéance de 2007 est absolument capitale pour développer l’emploi sur l’ensemble de nos territoires. C’est cela aussi le combat contre la droite. Et puis nous avons fait bien d’autres choses. Je voudrais illustrer les priorités sur lesquelles nous avons choisi de rendre des comptes hier, à partir de quelques actions qui nous ont été au départ contestées. D’abord sur la question de l’emploi et en particulier, j’en reviens à la région Poitou-Charentes. Nous avons mis en place une charte avec les entreprises, qui conditionne les aides économiques aux entreprises, à l’interdiction de licencier, à l’interdiction de délocaliser, à l’obligation de respecter les normes environnementales, et à l’obligation de respecter l’égalité salariale entre homme et femme. Et donc désormais, les subventions publiques dans les régions socialistes sont conditionnées par des règles relatives à l’intérêt général. C’est cela aussi la conciliation entre la morale économique et l’efficacité économique. Nous avons également dans toutes nos régions, supprimé les aides à l’emploi pour les entreprises qui avaient recours aux emplois précaires, aux CNE.
Et on nous avait dit “ vous allez ruiner l’économie ”. Pas du tout ! car dans les régions où nous sommes extrêmement fermes, sur les conditions de l’aide publique, nous avons aussi des résultats économiques et ici dans la région Poitou-Charentes, les résultats qui viennent d’être publiés, alors qu’on m’avait dit que j’étais draconienne, le préfet de région m’a assigné au tribunal pour la conditionnalité des aides, à l’interdiction de recourir aux CNE, le pourcentage de créations d’emploi, l’augmentation du nombre d’emplois créés pour le trimestre qui vient de s’écouler, est de plus 13%. Ce que je veux dire par-là, c’est que nous pouvons concilier l’efficacité économique et la lutte contre la précarité. Et que les entreprises ont besoin de règles claires et quand les règles du jeu sont claires, c’est-à-dire lorsqu’on est capable d’imposer sans faiblesse l’intérêt général, le respect des salariés, la qualité du dialogue social dans les entreprises et la conditionnalité des aides à l’interdiction de délocaliser ou de licencier lorsque l’on fait des bénéfices, alors les filières économiques comprennent le message et créent des emplois durables.

Et cela, nous l’avons démontré sur notre territoire, demain nous le démontrerons à l’échelle de la Nation. Sur la question du pouvoir d’achat, tous les jours, les Socialistes et les majorités de la gauche unie dans les régions, sont au travail. Tous les jours, c’est nous qui sommes en première ligne, quand nous voyons exploser les demandes de fonds sociaux dans les lycées et que désormais ce sont des familles à revenus moyens qui s’adressent aux fonds sociaux des lycées ; non-seulement parce que, plus seulement dans les familles où il y a du chômage, mais aussi dans les familles, je vous le répète, à revenus moyens, où il y a maintenant des accidents financiers et où on a donné l’autorisation aux fonds sociaux d’intervenir sur les dépenses médicales, sur les achats de lunettes, sur les achats de livres, de livres non-scolaires et sur les équipements même des bureaux à la maison et bien sûr, sur l’achat des ordinateurs. Donc la dégradation du pouvoir d’achat, nous la voyons et nous la vivons tous les jours, et nous essayons de colmater les brèches du désengagement insupportable de l’Etat. Lorsque sur le droit à se déplacer, nous avons fait ici dans la région le TER, le train régional, à un 1 euro. Nous nous sommes dits, ça va permettre à certains habitants de prendre le train, de se déplacer. Nous avons été, mais, débordés par la mesure. Il s’est trouvé des jours où il y avait 200-300 personnes sur le quai de la gare, ne pouvant monter dans les trains. Des gens qui n’avaient jamais pris le train dans la région pour aller au bord de la mer où nous sommes aujourd’hui. Des gens qui n’étaient jamais partis du département de Charente pour aller jusqu’à La Rochelle. Et donc on a fait émerger une demande sociale qui n’a pas l’occasion de se faire entendre et qui, tout d’un coup, parce qu’il y a une offre de service public qui est mise à portée de tous, et qui est le droit élémentaire à se déplacer, alors la demande sociale émerge et la responsabilité des Socialistes, c’est de répondre à ces demandes sociales cachées, qui n’osent pas se manifester souvent, mais qu’il suffit de concrétiser par une offre normale finalement de vie quotidienne pour que tout d’un coup, les citoyens s’en empoignent. Et ça, c’est la démocratie participative aussi.
C’est la façon dont les citoyens s’expriment et disent tout d’un coup, “ peut-être que nous aussi on a le droit de se déplacer dans la région ”. Et de la même façon, lorsque nous avons constaté qu’il y avait d’un côté des jeunes au chômage et de l’autre des filières économiques qui ne trouvaient pas de salariés dans les métiers du bâtiment et dans les métiers de la restauration, nous avons cherché à revaloriser des talents ; parce que l’idéal de la gauche c’est d’accorder du prix à l’ensemble des talents dans leur diversité et comme il y a des métiers qui sont dévalorisés, alors il y a des familles qui disent aux jeunes “ n’allez pas dans ces métiers parce qu’ils sont dévalorisés ”. Et alors qu’il y a une tension sur ces métiers, quand la loi du marché s’exerce au profit du salarié, là elle n’existe plus, car si les salariés étaient mieux payés, mieux considérés, mais les entreprises trouveraient des salariés ! Et quand j’ai en face de moi les entreprises du bâtiment qui se plaignent de ne pas trouver de bons ouvriers, je leur dis “ mais combien les payez-vous ces ouvriers ? payez-les à la hauteur de leurs qualités ”. Nous, les régions, nous payons avec les fonds des contribuables, des lycées professionnels et des centres de formation des apprentis de qualité, nous savons qu’il y a des jeunes motivés, bien formés qui sortent de ces formations ; alors, payez-les à leur juste prix, reconnaissez ce travail.
Et la collectivité publique a reconnu ce travail, en payant ici, dans la région Poitou-Charentes, à tous les jeunes qui sont reçus à leur CAP, ils reçoivent un chèque de 1 200 euros pour se payer le permis de conduire. Parce que ça, c’est un droit fondamental et la gratuité du permis de conduire pour les jeunes, moi je pense qu’il faudrait que ce soit généralisée pour tous les jeunes au moins qui ont un métier, qui ont fait l’effort parce qu’il y a aussi la récompense du mérite derrière cette idée ; ce sont les jeunes qui sont reçus au CAP. La totalité issue des familles d’ailleurs les plus populaires de la région, on sait où sont les jeunes qui font des CAP, et donc il y a à la fois une mesure de justice sociale. Une mesure de reconnaissance du mérite et de valorisation de ces métiers et en plus, l’accès aux droits élémentaires de pouvoir se déplacer. Et on sait que dans les régions rurales il n’y a pas des services publics partout de transports, le droit élémentaire de pouvoir se déplacer tout simplement, pour aller au travail. Car quelle invraisemblable injustice de constater, et ça nous arrivait tous les jours, qu’il y avait d’un côté des jeunes diplômés dans les métiers du bâtiment, de l’autre des entreprises qui cherchaient des jeunes et faute de pouvoir se payer le permis de conduire, les jeunes étaient au chômage e
t ne pouvaient pas occuper ces emplois qualifiés et dont on exige aujourd'hui, qu’ils soient bien rémunérés.
C’est ça une politique socialiste, c’est ça une politique qui repère les talents, qui récompense les talents, qui dit aux jeunes, vous avez raison de travailler et de réussir et nous, puissance publique, on va veiller à ce que vous soyez correctement payés ; bien sécurisés sur des contrats de travail durables et respectés dans vos entreprises. Et d’ailleurs, dans le contrat d’accord avec les entreprises sur l’apprentissage dont nous avons doublé le nombre ici dans la région, et c’est le cas sur l’ensemble des régions socialistes. Ca les a surpris un peu au début, nous faisons signer aux employeurs, un engagement sur le respect des apprentis. Parce que là aussi, il y a beaucoup à faire, sur le respect des horaires, sur la façon dont on leur parle, sur la façon dont on les considère, sur ce qu’on leur donne à manger, etc. La dignité et le respect des jeunes apprentis qui ont trop longtemps été considérés comme une main d’œuvre corvéable à merci, aujourd’hui dans les régions socialistes, c’est fini et l’apprentissage a enfin trouvé ses lettres de noblesse. C’est cela aussi la politique des Socialistes. Et puis, nous avons mis en place, c’est le troisième thème que je voudrais évoquer dans nos régions, des expériences de sécurité sociale professionnelle. Mais oui, vous le savez, c’est le cœur de notre projet socialiste ; faire en sorte que les salariés, quand ils sont licenciés ne tombent pas dans le trou du chômage, mais gardent leur dignité avec leur statut de salarié et soient épaulés individuellement, orientés vers une formation professionnelle ou vers un nouvel emploi, accompagné de la formation professionnelle adaptée, mais qu’il n’y ait pas ce trou du chômage entre les deux. Ce qui suppose un recyclage des fonds de la formation professionnelle et là, nous sommes à l’avant garde de la compétence des régions et nous sommes à l’avant garde au niveau national de la préparation, de la relance, de la croissance économique. Car on le sait, nous Socialistes, c’est d’abord par l’investissement dans la ressource humaine, par la formation professionnelle, que nous pouvons le mieux défendre et conquérir des emplois. Les pays du Nord de l’Europe y sont parvenus parce qu’ils ont fait un investissement massif dans la formation des hommes et des femmes, pour leur permettre d’accompagner les mutations sans en souffrir.
Eh bien les régions socialistes, ici dans cette région c’est 100 millions d’euros la formation professionnelle et donc, si nous mettons fin à un certain nombre de gaspillages, si nous utilisons correctement cet argent public tous ensemble, l’ensemble des régions de France, alors nous construisons une France des régions qui investit massivement dans la ressource humaine et donc qui prépare et qui réussit la relance de la croissance économique. C’est cela la France socialiste des régions. Et puis, il y a dans nos régions la bataille pour l’excellence environnementale et je dois dire là-dessus, que la mobilisation est très forte sur les énergies renouvelables, d’abord parce que ça permet aussi de régler un certain nombre de problème sur le pouvoir d’achat concernant les charges de chauffage et les charges locatives, sur les éco-industries, sur les nouvelles constructions, sur l’autre façon de se déplacer, sur les investissements dans les transports collectifs. Cet enjeu, là aussi, à l’échelle nationale, il est considérable et c’est à partir des savoir-faire, des entreprises, des nouvelles technologies liées à l’environnement que nous repérons sur notre territoire, que demain nous pourrons faire de la France, le pays de l’excellence environnementale. Mais je ne voudrais pas terminer cette introduction à nos universités d’été, sans dire un mot sur la démocratie participative parce que je crois qu’aujourd'hui, la politique a besoin de cela et que nous l’avons mise en place dans toutes nos régions et quand j’aurai terminé cette brève introduction, avec l’accord de Jean-Christophe, nous allons vous projeter un petit film de sept minutes qui vous montre l’expérience du budget participatif dans les lycées de la région. Nous sommes partis avec beaucoup d’ambition, nous nous sommes dits, nous allons transposer ici ce qui se fait à Porto Alegre et nous allons faire en sorte que dans les lycées, les jeunes et les salariés des lycées puissent voter sur une partie du budget. Nous avons mis dix millions d’euros sur la table, multiplié les réunions, ça a été difficile au début parce qu’il faut changer les façons de faire, il faut bousculer les hiérarchies. Il faut faire comprendre, aux directions d’établissements et à l’administration, qu’un ouvrier de service, qui est au contact du restaurant scolaire, il a une expertise, c’est ce que j’appelle souvent le citoyen expert, il sait mieux que quiconque ce qu’il faut pour améliorer la condition de vie et de nourriture des lycéens. Lorsque les lycéens expriment leur soif incroyable de culture, il faut être lycéen pour exprimer cette soif de culture, dès lors qu’on leur donne la parole. Et donc, chacun a sa place a pris part à ces débats, abolissant un instant, la hiérarchie entre les uns et les autres et ce que je peux vous dire aujourd'hui où les 90 lycées de la région, désormais se voient étendre à cette rentrée, un lycée sur deux à la rentrée dernière, tous les lycées à cette rentrée, le budget participatif où les usagers du service public des lycées, votent les dépenses qui sont immédiatement adoptées en délibération par la région, je puis vous dire que c’est une preuve supplémentaire de l’existence de l’intelligence collective des citoyens. C’est en unissant la diversité des compétences, des expériences, des vécus et des talents, que l’on construit une société respectueuse d’elle-même, au clair sur ses raisons et sur ses façons d’agir, assurée de ses valeurs et donc forte sur les décisions qui sont prises et sur la capacité à tenir. Au clair aussi sur la façon dont elle peut rendre des comptes, parce que dès lors que les choses ont été construites avec les citoyens, du coup, ils sont plus à même d’exiger que les politiques leur rendent des comptes et c’est comme cela que petit à petit, se renoue le lien de respect et de confiance, sans lesquels la République ne peut pas tenir sa promesse égalitaire.
Et comme nous socialistes nous avons la passion de l’égalité et que nous savons aussi que c’est la passion de la République française, alors c’est vrai que c'est à partir de cette confiance faite aux citoyens, qu’en retour, nous mériterons aussi cette confiance dans les combats qui s’annoncent. Ces combats seront rudes mais ces combats seront beaux, et c’est tous ensemble que nous les gagnerons. Merci de votre attention.