Ségolène Royal a jugé jeudi que l'initiative du président Nicolas Sarkozy de confier à partir de la rentrée prochaine à chaque enfant de CM2 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah "va dans le bon sens".
"Ce sont des initiatives qui sont déjà prises beaucoup dans des associations et dans de nombreuses écoles. Ça va dans le bon sens", a estimé l'ex-candidate socialiste à la présidentielle lors d'un déplacement en banlieue lyonnaise, à Vaulx-en-Velin et Villeurbanne (Rhône). "Non seulement ce n'est pas une mauvaise idée mais elle est déjà mise en application dans beaucoup de communes donc c'est bien", a-t-elle ajouté, jugeant qu'"il n'y a pas de raison de polémiquer la-dessus".
Mercredi soir, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le président de la République a annoncé que tous les enfants de CM2 se verront confier à partir de la rentrée 2008 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah. Nicolas Sarkozy a expliqué que "chaque enfant de CM2 devra connaître l'existence d'un enfant mort dans la Shoah". AP
En France, le culte juif est représenté par le Consistoire Central. Cette vénérable institution allant commémorer cette année son bicentenaire, on peut penser que Nicolas Sarkozy en a entendu parler. Pourtant, en prononçant hier soir son discours devant les invités du dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), le président de la République a choisi, et cela ne peut être fortuit, de parler de religion à des laïcs, renforçant par là même la confusion qui existe entre religion juive et judéité.
Alors que les deux centres d’intérêt traditionnels du Crif sont le soutien à Israël et la lutte contre l’antisémitisme, les passages de l’allocution présidentielle consacrés à ces questions ont été relégués au second plan par la première partie du texte qui, après les discours de Latran et de Riyad, aurait pu s’intituler: "Défense et illustration de la foi et des religions".
Car Nicolas Sarkozy persiste et signe: pour lui, les deux grands fléaux du XXe siècle, qu’ont été le nazisme et le communisme, ne sont pas nés "d’un excès de Dieu, mais de sa redoutable absence".
On a échappé (pour l’instant) à la mise en cause de la philosophie des Lumières, mais de peu. Se faisant ensuite exégète à la fois de la Bible, de la Torah et du Coran, le président de la République a indiqué que dans ces textes il
"n’y a pas une ligne(…) restituée dans son contexte et dans la plénitude de sa signification, qui puisse s’accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXe siècle au nom du totalitarisme et d’un monde sans Dieu".
Au passage, on remarquera que la phrase est curieuse, puisqu’elle prend soin de réfuter l’idée selon laquelle il aurait pu y avoir dans la Torah de quoi justifier la Shoah (?) ou le communisme, et qu’elle passe par pertes et profits la responsabilité de l’antijudaïsme chrétien dans la solution finale.
Une remise en cause de la laïcité dans sa conception actuelle
Quoi qu’il s’en défende, c’est ensuite à une véritable remise en cause de la laïcité dans sa conception actuelle que s’est livré le président de la République. Il déclare:
"Nos enfants ont le droit de rencontrer, à un moment de leur formation intellectuelle et humaine, des religieux engagés qui les ouvrent à la question spirituelle et à la dimension de Dieu",
Il élude ainsi l’essentiel: si cela se fait, se sera dans quel cadre, sous l’autorité et l’enseignement de qui et avec quel contenu? Et si ce n’est pas dans la famille, où cela pourra-t-il se faire, sinon à l’Ecole?
Pas le bon endroit pour parler de l'islam
Nicolas Sarkozy, ensuite, a choisi le cadre peu approprié du Crif pour parler de l’islam de France. Expliquant qu’on avait trop longtemps refusé "d’examiner les conséquences pratiques de la présence musulmane en France" (ce en quoi il a raison), il a ajouté qu’on avait ainsi:
"Laissé se développer les attitudes les plus contraires à la laïcité, comme les pratiques vestimentaires ostentatoires et les revendications identitaires".
A supposer que là soit la cause principale de la montée de l’islamisme en France, et non pas aussi la complaisance à l’égard des régimes autoritaires arabes, la relégation des jeunes des quartiers sensibles et l’échec des politiques d’intégration, ce n’est pas devant une communauté qui se définit comme telle, et qui réclame à juste titre le droit d’afficher ses propres pratiques, qu’il fallait tenir ce discours.
Pourquoi n'honorer que les enfants "français" victimes de la Shah?
Nicolas Sarkozy a ensuite parlé d’Israël, de l’antisémitisme et de la Shoah. Ami revendiqué de l’Etat hébreu, il croit un accord israélo-palestinien possible en 2008. Partisan d’une action résolue contre l’antisémitisme, il a toutefois eu un propos stupéfiant, en indiquant qu’à son avis, les colloques et recherches sur les différentes variantes idéologiques de l’antisémitisme "aboutissent parfois à le banaliser".
Les intellectuels, juifs ou non, qui ont passé les années 2000 à faire un travail sérieux et à contre-courant, pour décrire les nouvelles formes du préjugé anti-juif, apprécieront…
Enfin, et toujours sur le registre émotionnel, le président de la République a annoncé que:
"chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 (se verront) confier la mémoire d’un des 11000 enfants français victimes de la Shoah."
Problème: comme l’indique parfaitement le "Mémorial des enfants juifs déportés de France", de Serge et Beate Klarsfeld, les enfants en question, 11400 précisément, ont bien été déportés "de France", mais ils n’étaient pas tous français.
Par Jean-Yves Camus (chercheur en science politique) pour RUE 89
Ségolène Royal en campagne apporte son soutien aux candidats socialistes et aux équipes de gauche pour les municipales et les cantonales. Et rencontre également des salariés qui se battent pour leur entreprise, leur famille, leur pouvoir d’achat.
Retour sur les premières étapes d’un tour de France qui continue jeudi 14 à Villeurbanne et Vaulx-en-Velin (Rhône) et samedi 16 dans les Deux-Sèvres. En attendant bien d’autres déplacements…
11 février, Cognac et Angoulême (Charente) – En visite dans le quartier populaire de Crouin, Ségolène est venue soutenir Michel Gourinchas et son équipe, candidats aux municipales de la deuxième ville de Charente. Et souligner par là-même que le plan Borloo ignore totalement le quartier, la ville. Incurie des actuels édile locaux et signe des temps : les images chatoyantes, celle en l’occurrence d’un des plus prestigieux spiritueux français, ne doivent pas amener à négliger les vraies difficultés des plus modestes.
Puis, à Angoulême, dédicace de Ma plus belle histoire, c’est vous. Un moment chaleureux et convivial « en contact direct avec les habitants, c’est indispensable», avant d’aller prendre un verre au café du coin avec Philippe Lavaud et son équipe, partis à la reconquête de la capitale charentaise. L’action politique passe avant tout par l’écoute et aussi par la convivialité.
1er février, La Rochelle (Charente-Maritime) – La journée commence par un petit-déjeuner avec les candidats au Conseil Général : mobilisation pour un changement de majorité à portée de main. En ce jour de grève exceptionnelle dans la grande distribution, Ségolène Royal rencontre ensuite une délégation d’employés de Carrefour. Pour dénoncer « la pression intolérable sur vos salaires et vos conditions de travail, d’autant plus insoutenable que la grande distribution n’est pas soumise à la concurrence internationale contrairement à d’autres secteurs ».
30 janvier, Argenteuil (Val d’Oise) – Les hôpitaux manquent cruellement de moyens, la qualité des soins est en jeu : pour la santé publique et ceux qui la font vivre au quotidien, Ségolène Royal rencontre une délégation de l’établissement hospitalier de la troisième ville d’Ile-de-France. Une visite à Argenteuil pour apporter également un soutien amical et engagé à Philippe Doucet et son équipe partis à la conquête de la mairie, « unis et rassemblés » depuis Lutte Ouvrière jusqu’au PS en passant par le PCF et les Verts.
25 janvier, Chartres (Eure-et-Loir) – Une semaine avant les grèves dans la grande distribution, Ségolène Royal en arrivant dans le chef-lieu d’Eure-et-Loir se rend dans une grande surface. Rencontre et échanges avec des clients pour évoquer les problèmes de pouvoir d’achat. Puis avec des représentants du personnel de l’hypermarché, ravis de pouvoir faire entendre directement leurs inquiétudes et leurs revendications.
Le soir, soutien à Françoise Vallet, candidate à la législative partielle sur la 1ère circonscription d’Eure-et-Loir. La semaine suivante, Françoise sera élue avec 55,26 % des suffrages… Un score qu’on l’espère voir renouveler pour devenir la nouvelle première édile de Chartres.
24 janvier, Tours (Indre-et-Loire) – A son arrivée dans l’élégante cité des bords de Loire, Ségolène Royal rencontre une délégation de salariés du centre d’appel Téléperformance. En grève depuis 10 jours, ils se battent pour des salaires décents (pour 35h, le salaire d’un opérateur est d’à peine 900€ !). Les assurant de son soutien, elle dénonce l’attitude de la Direction peu de temps après sur France 3 en Région et au National. Quelques minutes plus tard, après dix jours de silence, la direction des Ressources Humaines de l’entreprise appelle les délégués syndicaux pour ouvrir des négociations… qui ont abouti depuis.
Autour d’une galette républicaine et devant plus de 1000 personnes, invitée par Jean-Patrick Gille député et 1er secrétaire fédéral du PS 37, Ségolène apporte son soutien à Jean Germain, candidat à sa succession à la mairie de Tours pour continuer et amplifier le magnifique travail réalisé. Soutien appuyé également aux candidats socialistes et de gauche aux cantonales. Des encouragements porteurs d’espoir : le Département peut basculer, la majorité actuelle ne tenant qu’à un siège !
15 janvier, Ribeauvillé, Colmar et Strasbourg (Haut-Rhin et Bas-Rhin) – A Ribeauvillé, chaleureusement guidée notamment par Fabien Becker, Ségolène Royal rencontre les salariés de Sony en lutte contre un plan social prévoyant la suppression de 200 des 500 emplois du site. A leur demande, pour les soutenir, elle adresse une lettre aux Directions « France » et « Europe » de la multinationale. Sans réponse à ce jour, le courrier fera l’objet d’une relance pour soutenir les salariés jusqu’au bout.
A Colmar, rencontre avec Paul Layer, tête d’une liste « très ouverte », selon les mots mêmes du candidat socialiste à la mairie de la deuxième ville du Haut-Rhin, mais « clairement, naturellement, sereinement et tranquillement ancrée à gauche ». Dans le Bas-Rhin, à Strasbourg, Ségolène apporte un soutien chaleureux et décisif à Roland Ries, donné au coude à coude avec l’équipe municipale sortante « pour une alternance urgente, un vrai changement. »
12 janvier, Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor)– Première sortie municipale, une journée de soutien amical à Danièle Bousquet. Partie à la reconquête d’une ville dirigée par la droite depuis 2001, la candidate à la première magistrature veut sortir, avec les Briochins, la ville de la « petite torpeur » dans laquelle l’a laissée s’enfoncer le maire actuel. Le soutien de Ségolène comme un vent de changement.

Chères amies, chers amis,
Beaucoup d'adhérents et de comités Désirs d'Avenir ont participés à la démarche de réflexion que je vous ai proposée en décembre 2007 autour du thème "La Ville pour tous" afin que nous soyons apporteurs d'idées aux candidats de gauche lors des élections municipales et cantonales de mars 2008.
Cette réflexion a concerné plus précisément 3 thèmes: le rôle de l'élu pour lutter contre la vie chère, le droit au développement durable pour tous au niveau local et enfin la démocratie participative comme élément clé d'une politique locale.
Cordialement,
Jean-Pierre Mignard Yvon GRAÏC
Président de Désirs d'Avenir Désirs d'Avenir 76
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"Il ne faut pas faire de réforme (de l'audiovisuel public, ndlr) aujourd'hui, dans le contexte actuel, où les caisses de l'Etat sont vides, où le pouvoir d'achat des Français baisse", a déclaré S. Royal à la chaîne privée Canal+.
"Donc, a-telle ajouté, on ne va ni augmenter la redevance, ni donner une dotation budgétaire, puisqu'il n'y a pas d'argent".
"C'est pas la peine d'aller toucher à un système qui au demeurant ne fonctionne pas mal", a-t-elle ajouté, estimant que "le service public est aujourd'hui de qualité et arrive à faire des co-productions françaises conformément à son cahier des charges".
"C'est une mauvaise action politique que de le déstabiliser aujourd'hui, et la meilleure solution ce serait le retrait de cette réforme qui n'a pas de sens".
La présidente de la région Poitou-Charentes a estimé que la grève de mercredi était "surtout une revendication de dignité". "Le service public, selon elle, s'est senti humilié par la façon dont le président de la République a annoncé de façon totalement unilatérale" la suppression de la publicité.
Source : AFP
