A Neuilly et Bondy, petit sondage de derrière les fagots.
Les Neuilléens, s’ils se montrent les plus aimables du monde avec le passant égaré, éprouvent une réticence à s’ouvrir à l’étranger incrusté dans la cité, surtout si celui-ci les assaille de questions. Ne désespérons pas pour autant de montrer au monde le visage authentique d’un Neuilly débarrassé de ses vieux poncifs.
On s’accroche donc, comme à l’occasion de ce petit sondage réalisé avec l’aide de quinze sympathiques Neuilléens qui ont accepté de répondre à ces questions : êtes-vous satisfait de votre existence ? Pensez vous qu’elle sera meilleure dans un an, ou pire ?
Trois jours ont été nécessaires pour réunir toutes les réponses, pas seulement à cause de la timidité des locaux. Il y a dans cette démarche un souci de ne pas cibler exclusivement les Neuilléens assujettis à l’ISF. Beaucoup de belles balades sous la pluie donc, pour trouver un peu de tout.
Sur quinze personnes sondées, cinq sont insatisfaites de leur existence à Neuilly. Parmi les trois individus interrogés en bas d’une résidence où logent les petits revenus de Neuilly, deux ont donné cette réponse. Des jeunes, qui voient dans leur travail à la voirie une situation temporaire.
Les trois autres insatisfaits sont : un lycéen qui angoisse pour son avenir, un publiciste qui s’apprête à déménager de Neuilly – « car la ville est très fermée sur elle-même et que c’est cher » – et un représentant des piliers de comptoir de la ville qui s'est fait larguer. Ces cinq-là ont tous l’espoir qu’il y aura du mieux dans leur existence, sauf le cœur d’ourson brisé par sa dulcinée.
Chez les bienheureux, un bon tiers table sur une stagnation de leur situation, un autre sur une amélioration, un dernier pense qu’ils devront se préparer à une récession économique susceptible de toucher leur secteur d’activité. Ce tiers restant représente la population commerçante du sondage ainsi qu’une personne qui affirme payer l’ISF, « pour le prochain coup de pompe du fisc, mais plus pour longtemps ».
Par souci de comparaison, le même sondage a été réalisé à Bondy, mais en beaucoup moins de temps, certainement parce que le Bondynois et la Bondynoise ont la réponse plus rapide, habitués aux sondeurs casse-pied de Carrefour.
Tout comme à Neuilly, un bon tiers des personnes interrogées se disent insatisfaits de leur existence, dont un lycéen de 17 ans qui se plaint de ne pas savoir encore ce que c’est qu’une fille. Deux reprochent à la ville d’être peu avenante et s’inquiètent de la situation de l’emploi. Une trentenaire caresse le rêve d’être parisienne et le dernier soumis à la question galère pour trouver du boulot.
Deux-tiers des satisfaits pensent que l’année sera moins joyeuse, les risques de récessions tempérant leur optimisme. Une personne est sûre que 2009 sera top, elle file en tour du monde. Le prochain cru aura meilleur goût, espèrent tous ceux qui ont décrété qu’ils ne seraient pas heureux cette année.
Un sondage annexe, avec seulement cinq individus, a été réalisé dans deux endroits emblématiques de Bondy et Neuilly. A Bondy Nord, les cités les plus glauques de la ville, personne n’est bien. A l’Ile de la Jatte, un des endroits réputés de la belle des Hauts-de-Seine, tous les sondés estiment que les oiseaux chantent.
Idir Hocini

Un grand coup de vent sur le conseil général de la Charente Maritime...
Ce matin Ségolène Royal est venue saluer nos amis Candidats et conseillers généraux autour d'un petit déjeuner juste avant le la session....
L'ancienne candidate PS à l'élection présidentielle Ségolène Royal est jugé l'opposante "la plus crédible à Nicolas Sarkozy", suivie de près par François Bayrou, selon un sondage réalisé par l'Ifop pour le Journal du Dimanche de cette semaine.
Mme Royal recueille 28% des réponses des personnes interogées alors que le dirigeant du Modem en recueille 25%, suivi du maire (PS) de Paris Bertrand Delanoë (18%) et d'Olivier Besancenot (LCR, 14%).
Toutefois, 13% des sondés répondent qu'"aucune" des ces quatre personnalités politiques proposées par le sondage ne leur conviennent. 2% ne se prononcent pas.
Interrogés pour savoir s'il pensent "personnellement" que "François Bayrou peut être élu président de la République", 63 % des personnes interrogées répondent "non" et seulement 36 % "oui". 1% ne se prononcent pas.
Sondage réalisé du 24 au 25 janvier par téléphone auprès d'un échantillon de 966 personnes représentatif, sélectionné selon la méthode des quotas.
Source : AFP

Les commentaires de la presse, lundi 28 janvier, sur le passage de la socialiste à l'émission " Vivement Dimanche ", sur France-2.
SUD-OUEST
Frank De Bondt
"Ségolène Royal taille sa route, à l'abri des courants, dans cet ailleurs où elle avait fait son nid de campagne. Un ailleurs où elle a imposé ses repères, ses valeurs, et dans lequel le Parti socialiste, rattrapé par le traité simplifié européen et d'ailleurs de plus en plus isolé en Europe, se sent étranger. N'en déplaise à ses camarades, la seule vraie rivale, dans les magazines, de Cécilia et Carla est également perçue, dans l'opinion française, comme la personnalité la plus crédible pour s'opposer à Nicolas Sarkozy. L'ex-finaliste de la présidentielle entend bien profiter de cette reconnaissance pour faire la course en tête, ce qui semble devoir passer, à ses yeux, par la conquête du PS (...). La politique ayant horreur du vide, Ségolène Royal n'a même pas eu besoin de se battre pour prendre un rôle de censeur que, curieusement, aucun leader socialiste n'avait su ou voulu capter depuis juin dernier. Elle dit avoir jeté la rancune à la rivière, mais ses ennemis d'hier, eux, n'ont rien pardonné à l'intruse. Et certainement pas de ne pas avoir abandonné la partie."
L'UNION
Jean-Michel Roustand
"Le PS n'a toujours pas digéré sa lourde défaite aux présidentielles : faut-il insister au centre, ressusciter l'union de la gauche ou retrouver les accents révolutionnaires ? Toujours est-il qu'en constatant la baisse de popularité du président de la République dans les sondages, certains leaders de gauche commencent à rêver tout haut d'un référendum anti-Sarkozy. (...) qui face à Sarkozy ? Quant à ce dernier, on l'a vu bien hésitant sur son rôle durant les municipales. Après avoir voulu absolument politiser ces élections, il a affirmé qu'il ne s'en occuperait plus du tout avant finalement de décider qu'il ne ferait campagne qu'un jour sur deux. (...) L'Etat de grâce ne rebondira pas sur les municipales. D'ailleurs, il n'y a pas grand-chose pour rebondir sur les municipales. (...) 73 % des Français votent à ce scrutin en fonction de considérations locales."
L'ALSACE
Patrick Fluckiger
"La gauche ne manque pas une occasion de critiquer le côté " people " de Nicolas Sarkozy. Mais hier, c'était au tour de Ségolène Royal de s'épancher chez Michel Drucker, dans une émission qui mélange la vie privée et la vie publique, pour le plus grand bonheur de la presse du coeur. Il est vrai que le plateau de Vivement dimanche est plus " classe " qu'EuroDisney, où le président de la République nous avait montré pour la première fois sa nouvelle conquête. Ségolène Royal fait dans le people BCBG, pas dans le people "bling-bling" comme son adversaire de la présidentielle...
Pour le reste, elle s'est mise au diapason de la nouvelle communication politique : tout est dans la mise en scène. Plus que les états d'âme de la femme " trompée " et désormais " libérée ", on retiendra le pas supplémentaire effectué par Ségolène Royal dans sa conquête du Parti socialiste."
LE MIDI LIBRE
Michel Noblecourt
"Semaine après semaine, Ségolène Royal avance ses pions. La panne de leadership au PS lui permet de jouer les supplétifs dans la campagne municipale et de se poser en leader virtuel de l'opposition. (...) Sa participation, hier, à l'émission très pipole " Vivement dimanche " lui a permis d'enfoncer le clou et de redire, avec de plus en plus d'assurance, qu'elle est prête à prendre ses "responsabilités" à la tête du PS. (...) Si Mme Royal ambitionne la direction du PS, à l'automne, le moins qu'elle puisse faire est de ne plus régler ses comptes avec son parti. Mais il ne lui suffira pas pour y parvenir d'être "libérée". Il lui faudra convaincre un appareil réticent qu'elle est seule à même de le remettre sur des rails. Elle devra surtout abattre ses cartes sur l'aggiornamento qu'elle préconise et sur sa stratégie. On n'en est pas encore là."
LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Olivier Picard
"Mme Royal, nous explique-t-elle en détail, a été trahie simultanément par les éléphants du Parti socialiste et par son compagnon François Hollande.
D'accord, c'est dur, et toute souffrance est relative, c'est entendu. Mais la vie politique française est de plus en plus encombrée par les confidences d'alcôves, les frustrations conjugales, les blessures à l'âme (...) Cette dérive concerne autant Nicolas Sarkozy que sa rivale du second tour de la présidentielle. L'un et l'autre en ont bavé avec leurs divorces respectifs, l'un et l'autre ont le droit d'être heureux et amoureux, l'un et l'autre ont le droit d'avoir les sentiments de tout le monde. Mais l'un comme l'autre ne peuvent se permettre d'être ordinaires. La vie publique est féroce, mais c'est la règle du jeu, et eux mêmes ne se privent pas de donner des coups extrêmement violents plus qu'à leur tour."
LE PROGRES
Françis Brochet
"Ségolène était venue le dire hier, chez Michel Drucker: "J'ai beaucoup souffert". Des attaques de ses rivaux socialistes comme de l'infidélité de son compagnon. Souffrances publiques et souffrances privées ainsi mêlées, confondues dans un pardon commun permettant la résurrection : "Je suis libérée". C'est la passion de Sainte Ségolène. Mais nous la connaissons, cette histoire, Nicolas nous l'a déjà contée: amour trompé, trahisons des compagnons, souffrances, rédemption par la victoire... Emouvant. Bien sûr, la raison commanderait que l'on s'intéresse moins au déballage de leurs peines qu'au déroulé de leurs actes: que veut faire Madame Royal, si elle accède au pouvoir ? Que fait Monsieur Sarkozy à l'Elysée ? Mais ça, n'est-ce pas, c'est politique. Et nous étions très nombreux, hier soir, à regarder " Vivement Dimanche ". Au fond, nous adorons qu'on nous raconte des histoires."
Chers amis,
Aujourd'hui, en guise de lettre d'information, il m'a semblé vraiment intéressant de vous transmettre une lettre qui, parmi le très abondant courrier reçu, m' a particulièrement frappée tant elle décrit avec des mots simples et justes, révoltés et dignes, l'inquiétante montée des précarités, à comparer avec l'invraisemblable scandale de la Société Générale et les mesures particulièrement injustes de Nicolas Sarkozy sur le paquet fiscal.
Ségolène Royal
Madame,
Je suis toujours avec grand intérêt votre parcours. Âgé de 72 ans avec mon épouse, nous avons élevé neuf enfants et actuellement nous avons douze petits enfants.
Je suis très inquiet sur l'avenir et surtout sur le pouvoir d'achat et les charges que nous subissons. Depuis combien d'années, devons-nous faire des efforts pour sauver la sécurité sociale ?
La franchise qui nous subissons ne sera pas une économie bien au contraire, moi-même opéré de deux cancers, diabétique et coeur malade, j'ai un lourd traitement à raison de 23 boites par mois, plus le laboratoire et les consultations. Malgré mes 100%, certains médicaments ne sont pas remboursés. Nous avons une petite retraite de 1350 euros par mois, le loyer, le gaz, l'électricité, les impôts, notre mère de 90 ans en maison de retraite, nous avons aussi une participation à ses frais et nous vivons sans faire d'extra. Nous ne sommes pas les seuls malheureusement, je vois des personnes jeunes et âgées fouiller les poubelles des grandes surfaces.
Pour 2008, j'ai été obligé d'arrêter ma complémentaire et je ne pourrais pas prendre tous mes médicaments, donc je me rendrais à l'hôpital pour me faire soigner, ce qui ne sera pas une économie. Le forfait journalier étant sans complémentaire, je demanderai une aide avec la honte d'en arriver là à 72 ans.
Je n'espère pas aller jusqu'à la fin du mandat présidentiel vu ma maladie qui s'aggrave, mais j'espère et surtout, je souhaite le jour où vous arriverez au pouvoir, que vous penserez à toute cette misère. J'ai travaillé à 14 ans et j'ai fini à 60 ans pour une retraite de misère. Ma femme avec 9 enfants ne travaillait pas et ça ne lui a pas rapporté grand chose, si la médaille française.
Je m'excuse de cette présente, mais j'ai besoin de m'exprimer.
Je vous prie de croire, Madame, à ma très respectueuse considération.
Monsieur Georges P.

