Ségolène Royal (PS) a dénoncé samedi à Paris une "connivence" entre les puissants et "ceux qui jonglent avec les milliards", à propos de ce qu'elle a qualifié d'"invraisemblable scandale de la Société Générale (Paris: FR0000130809 - actualité) ".
L'ex-candidate à la présidentielle s'exprimait à la Bellevilloise, salle de spectacles du XXème arrondissement, devant quelque 300 militants de son association Désirs d'avenir, qui revendique 2.200 militants à Paris et 15.000 en France et est présidée par l'avocat Jean-Pierre Mignard.
Selon Dominique Bertinotti, maire du IVème arrondissement, proche de Mme Royal, c'était la première fois qu'elle s'exprimait ainsi publiquement devant une assemblée de Désirs d'avenir.
La présidente de Charentes-Poitou a pointé "cette espèce de connivence, en haut, des puissants et de ceux qui jonglent avec les milliards pendant qu'à la base les petits ont du mal à vivre, à survivre".
"Il faut un rétablissement moral à partir de ce scandale, au moins que la leçon en soit tirée et que les banques, grâce à une loi bien claire, cessent de se faire du beurre sur le dos des plus modestes", a poursuivi Mme Royal. "Faisons très rapidement la réforme que je réclamais depuis longtemps: rémunérer les comptes de petits épargnants".
Evoquant les municipales, elle a affirmé: "c'est dans les collectivités territoriales que nous allons pouvoir faire un rempart contre la politique de la droite, celle qui met les valeurs financières au-dessus de toute valeur humaine".
"Cette invraisemblable scandale nous montre à quel point le capitalisme est devenu incompétent, irresponsable, intolérable, désinvolte", a lancé l'ex-candidate.
Avant de s'envoler pour Florence, où se tenait une réunion du nouveau parti démocrate (centre gauche), Mme Royal a été ovationnée par ses partisans, réunis sur le thème de la Ville, avant de futurs débats sur le développement durable puis la démocratie participative.

Invitée de l'émission "Vivement Dimanche", enregistrée mercredi et diffusée dimanche 27 janvier, Ségolène Royal, à l'aise, parle de Nicolas Sarkozy, de ses ambitions pour le PS mais aussi de sa vie privée et de sa rupture avec François Hollande.
Entourée de ses amis politiques, la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes était en confiance. "C'est l'une des émissions les plus fortes que j'aie faites en huit ans", a déclaré Michel Drucker dans l'édition du Parisien de ce samedi.
Politique
Ayant apporté sur le plateau de l'émission des charentaises produites dans une entreprise du Poitou qui connaît des difficultés, Ségolène Royal propose d'en offrir une paire à Nicolas Sarkozy et espère que ça puisse le "calmer".
Interrogée par Claude Sérillon dans le domaine politique, l'ex-candidate à l'élection présidentielle ne cache pas ses ambitions pour la prochaine présidentielle qui aura lieu en 2012.
En ce qui concerne le PS, Ségolène Royal se dit également prête "à prendre ses responsabilités", et compte bien aller "jusqu'au bout de sa démarche".
Lors de cette partie politique de l'émission, elle évoque aussi le rôle de plus en plus important des médias dans une campagne présidentielle.
Vie privée
Interrogée sur sa vie privée, et notamment sur les causes de sa rupture avec François Hollande, Ségolène Royal s'exprime de façon très directe et lance très franchement : "J'ai été trompée". Elle ajoute que la situation avait duré "pendant longtemps".
Sans rancoeur, elle renouvelle ses voeux de bonheur personnel à son ex-compagnon. "Elle a passé un cap", selon Michel Drucker.
L'émission pourrait battre des records d'audience.
Chères amies,
Chers amis,
Je suis allée fêter hier les 5000 entreprises qui ont été créées dans la Région Poitou-Charentes grâce à la Bourse Tremplin pour l'Emploi. Ce dispositif a été mis en place en 2004 quand je suis arrivée à la présidence de la Région.
J'avais souhaité à l'époque que soient aidés les porteurs de projets qui entendent valoriser concrètement leurs talents et leurs compétences en se mettant à leur propre compte. Je voulais que soient notamment soutenus ceux et celles qui mettent en place des services de proximité qu'il s'agisse de commerces, d'ateliers d'artisan, de sociétés d'aide à la personne, de services aux entreprises, d'entreprises du bâtiment et des travaux publics, de sociétés travaillant sur l'image ou sur les technologies de l'information et de la communication.
Cette idée, qui avait germé au fil des rencontres sur les territoires avec des porteurs de projets, des créateurs d'entreprise, des artisans ou des commerçants, était fondée sur plusieurs constats:
* Créer son activité revient à créer son emploi, voire même à générer plusieurs emplois sur un même territoire. Le développement économique de la Région Poitou-Charentes repose sur ce tissu important de TPE, qui contribuent largement à l'activité et à l'attractivité du territoire.
* Au moment où l'Etat se désengage des territoires, rapatrie les services publics dans les grandes agglomérations, et contribue à une désertification à la fois dans les milieux ruraux et dans les quartiers, il devenait impérieux d'accompagner les créateurs d'entreprises pour conserver des services de proximité. La population, notamment les plus fragiles, en a tellement besoin!
* Les créateurs d'entreprises se heurtaient toutefois à de grandes difficultés pour mener à bien leur projet: peu d'accès à l'information, manque de fonds financiers pour obtenir le soutien essentiel des banques, peu d'accompagnement dans l'élaboration du projet, peu de suivi une fois la création effective... De nombreux créateurs devaient renoncer à leurs projets, et quand ils parvenaient, grâce à leur énergie et à leur persévérance, à créer leur entreprise, celle-ci était souvent fermée dès les premières années de son activité.
La Bourse Tremplin pour l'Emploi a été mise en place pour remplir ces objectifs et pour donner le coup de pouce nécessaire aux créateurs d'entreprises pour démarrer leur activité et la développer de manière pérenne: il s'agit d'une aide directe de 1000 à 10000 euros au créateur d'entreprise. Cette bourse est accordée par un jury composé d'élus, d'experts et de partenaires intervenant dans différents domaines (économie, comptabilité, finance, emploi, culture, sport, social...).
Afin d'accompagner chaque porteur de projet durant les différentes étapes de son parcours, 34 « Ateliers de la Création » ont été instaurés par la Région dans chaque Pays ou Agglomérations maillant ainsi tout le territoire régional.
Aujourd'hui les résultats sont là, et j'ai pu le vérifier en écoutant les témoignages touchants et optimistes des créateurs qui se sont lancés dans l'aventure grâce à cette aide régionale. Plus de 500 personnes étaient présentes hier pour échanger, écouter, raconter leur propre expérience, s'informer également des nouveaux dispositifs que met en place la Région améliorer encore le soutien aux créateurs d'entreprises.
Des créateurs d'entreprises sont venus sur scène témoigner de leur parcours comme Michael, l'un des premiers bénéficiaires de la Bourse Tremplin pour l'Emploi, qui a créé son activité de maréchal ferrand depuis 2005 et entend aujourd'hui développer encore son métier, ou Isabelle, reconnue travailleur handicapée, qui vient juste de monter sa société de service à la personne et souhaite l'étendre rapidement à l'ensemble du département.
Un film video sur cette fête des 5000 Bourses Tremplin pour l'Emploi est en ligne sur le site de la Région Poitou-Charentes: www.poitou-charentes.fr. Vous y retrouverez mon intervention et des témoignages des bénéficiaires de cette aide.
Des solutions pragmatiques et efficaces existent pour un développement économique et durable de nos territoires, puissent d'autres s'en inspirer...
A bientôt

Maison de la Mutualité, 20 janvier 2008
Intervention de Ségolène Royal
Chers amis, gardez de l’énergie pour la campagne sur les territoires !
Chers amis, chers camarades, quelques mots pour être utile au service de nos candidats et de nos candidates. L’enjeu des élections municipales, nous le connaissons. Et vous tous ici, secrétaires de sections et premiers fédéraux rassemblés autour de nos dirigeants, en première ligne de cette bataille, vous entendez bien, nous entendons bien partout où nous allons monter la désillusion qui fait place à l’inquiétude, et bientôt sans doute à l’exaspération.
Tant de gens nous disent aujourd’hui qu’il est insupportable de voir le fossé s’élargir entre les discours et les promesses d’hier et la réalité d’aujourd’hui. Il paraît d’ailleurs qu’à droite le débat fait discrètement rage entre ceux qui veulent politiser, nationaliser le scrutin, et les autres, en général les candidats de l’UMP qui sont de moins en moins nombreux sur le terrain à se réclamer du bilan de Nicolas Sarkozy, qui disparaît même subrepticement des documents de campagne. Ce doit être une erreur des imprimeurs !
Eh bien, Nicolas Sarkozy et François Fillon l’ont dit : les municipales, ils veulent en faire un test national. Oui, ils l’ont dit, ils l’ont voulu, eh bien ils l’auront ! Ils l’auront ce test national ! Et, pour commencer, prenons quelques secondes à le faire ensemble pour voir s’il gagne, Nicolas Sarkozy, ou s’il perd, en comparant l’avant et l’après. L’avant, c’est ce qu’il disait, ce qu’il a promis, l’après c’est finalement aujourd’hui.
Avant, il y a sept mois, il nous disait : « Je veux être le président du pouvoir d'achat. » Aujourd’hui, la vie n’a jamais été aussi chère, et dans son allocution, dans ses vœux, il a osé dire que le pouvoir d'achat n’est pas le vrai problème des Français. Avant, il nous disait qu’il augmentait de 25 % le minimum vieillesse et les petites retraites. Aujourd’hui, c’est plus 1,1 %.
Avant, il nous disait : « Les Français en auront pour leur argent. » Aujourd’hui, force est de constater que nous en avons surtout pour nos frais car il a déclaré : « Mais qu’est-ce que vous voulez que je distribue ? Les caisses sont vides. » Avant, il nous disait : « Il faut mettre fin à l’impuissance publique. » Aujourd’hui, il nous dit : « Mais qu’est-ce que vous voulez que je distribue ? Les caisses sont vides.
Avant, il nous disait : « J’ai changé, le mot morale ne me fait pas peur. » Aujourd’hui, il nous dit : « Je ne m’excuserai pas, je fais ce que je veux, quand je veux. » Et, il ne l’a pas dit, mais il l’a pensé très fort : « Et allez donc vous faire voir ! » texte intégral ICI
Semaine après semaine, Ségolène Royal s'affirme décidément comme une de nos meilleures sociologues. En témoigne le discours prononcé samedi, lors de la journée de réflexion du PS sur le thème «Inégalités et justice sociale». Intitulé rebattu, qui invitait aux propos convenus. Elle a pourtant saisi l'occasion pour développer une analyse originale, «un peu provocatrice», sur «les trois malentendus» entre la gauche et les Français. 1) La lutte contre les inégalités doit aussi englober les classes moyennes. 2) L'objectif de la gauche n'est pas le nivellement, mais l'épanouissement individuel. Elle doit «déculpabiliser et même encourager le droit à la réussite personnelle». 3) Le souci de la justice sociale n'est pas antinomique avec l'esprit d'entreprendre et le goût du risque : il est «synonyme».
Autant de thèmes déjà esquissés lors de la campagne présidentielle, dira-t-on. Mais l'ex et (probable) future candidate a manifestement approfondi sa réflexion. Son diagnostic, nourri des meilleures études sur le sujet, cerne au plus près les racines de cette langueur qui mine la société française. Je pense notamment à la grande enquête internationale sur «les Jeunesses face à leur avenir» (1). Résumons : parmi les populations observées, les jeunes Français se signalent par leur pessimisme - individuel et collectif -, leur fatalisme, leur manque d'esprit d'entreprise, leur faible sentiment d'appartenance à la société et, couronnant le tout, un degré record de méfiance envers les institutions, les élites et «les gens en général». Bref, l'horreur, c'est les autres. Un tableau décourageant - guère surprenant, au fond : ce n est pas seulement la jeunesse, c est la société française dans son ensemble qui voit l'avenir en noir, d'autres études comparatives l'avaient déjà souligné (et, soyons juste, Sarkozy n'y est pour rien : le sondage a été réalisé fin 2006).
Pour autant, cette mélancolie hexagonale n est pas inscrite dans notre ADN. Elle ne tombe pas du ciel non plus. Elle est étroitement liée à l'attitude à l'égard de l'économie. Sur ce point, l'enquête de Kairos Future est éclairante. Elle permet de distinguer schématiquement trois types de culture économique. D'un côté, les pays où les jeunes valorisent à la fois la concurrence, la réussite individuelle et un haut niveau de protection sociale. C'est le modèle libéral et social Scandinave, bien incarné par le Danemark. D'un autre côté, les pays où l'on privilégie la réussite individuelle au détriment des protections collectives. C'est le modèle anglo-saxon. Enfin, les pays où l'on prône l'égalité plus que le mérite, la protection (des individus et de l'économie nationale) plus que la concurrence. Modèle qu'Olivier Galland, chercheur au CNRS, qualifie d'«étatiste-égalitariste». Or que constate-t-on ? Dans le premier groupe, l'optimisme et la confiance sont au plus haut. Dans le second, un peu moins. Dans le troisième, dont la France est l'archétype, régnent le pessimisme, la défiance et la tentation du chacun pour soi l'«individualisme négatif» dont parle le sociologue François de Singly. Redoutable spirale où s'abîme l'espérance collective. Briser cet enchaînement dépressif, c'est toute l'affaire. En déculpabilisant la réussite personnelle, en accouplant esprit d'entreprise et justice sociale, Ségolène Royal touche juste : comme le montre l'insolente santé morale du peuple danois, le meilleur antidote à «la société du risque» (Ulrich Beck), ce n'est pas le repli, c'est la redécouverte du goût du risque.
(1)Réalisée par Kairos Future International, en partenariat avec la Fondation pour l'Innovation politique, auprès de 22 000 jeunes de 16 à 29 ans, dans 17 pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Le rapport paraîtra à la fin de ce mois.
Claude Weill - Le Nouvel Observateur

