son arrivée au pouvoir, le gouvernement socialiste espagnol a régularisé les sans-papiers puis il s'est trouvé confronté à un afflux d'émigrants subsahariens. Quelles solutions novatrices préconisez-vous ?
Les régularisations massives en Espagne et en Italie, héritage des années Aznar et Berlusconi, résultent d'abord de l'absence de mécanisme efficace de gestion en continu de l'immigration.
En Europe, la France attire pourtant la plus faible proportion d'étrangers ayant une formation supérieure.
Pour les travailleurs qualifiés, la France était dotée de moyens réglementaires assez efficaces, avec une première circulaire de 1998 sur les informaticiens, puis une seconde en 2002 qui prévoyait l'accueil d'étudiants étrangers ayant achevé leur cursus et de salariés dont l'embauche s'inscrivait dans le cadre d'un projet de codéveloppement. La droite a abrogé le premier texte et négligé le second. Aujourd'hui, les entreprises et les laboratoires n'arrivent pas à recruter les salariés formés dont ils ont besoin.
Le bilan de la droite, c'est une baisse de l'immigration de travail, notamment qualifiée, de 88 000 en 2001 à 67 000, et une augmentation de l'immigration à vocation permanente. La fébrilité législative de Nicolas Sarkozy est l'aveu d'une faillite. La France n'a pas besoin de loi supplémentaire. Des instructions claires, des services renforcés, des procédures qui fonctionnent vite et bien, cela suffirait. Au Royaume-Uni, l'Etat répond en quinze jours aux dossiers de demandes des entreprises. On pourrait aussi imaginer que les autorisations de travail soient gérées par les préfets de région en concertation avec les régions qui sont responsables du développement économique et en contact avec les entreprises.
La gauche doit-elle poursuivre la pratique des charters ?
La question n'est pas celle du moyen de transport mais des critères de reconduite à la frontière et du respect de la dignité des personnes dans l'application des décisions de justice. Plutôt que de s'attaquer aux familles et aux enfants - je veux d'ailleurs rendre ici hommage à la mobilisation des parents et des enseignants contre les expulsions d'enfants scolarisés -, il vaudrait mieux être beaucoup plus ferme contre les trafiquants et les employeurs de clandestins. Et reconduire systématiquement hors de France, à leur sortie de prison, les délinquants dangereux.
Vous rétablissez la double peine ?
Absolument pas, car je ne parle pas de ceux qui ont grandi en France mais des auteurs de crimes ou de délits arrivés depuis peu.Je vous confirme que ma femme et moi avons beaucoup apprécié la prestation de SEGOLENE du 16 Juin à LA ROCHELLE . Je voulais intervenir sur un sujet que je considère comme capital , celui de l’endettement de la France .
SEGOLENE a eu raison de dire que la droite était mauvaise sur l’économie , mais elle est tout aussi nulle sur la gestion de l’état . J’ai en mémoire que sous le gouvernement BALLADUR , notre endettement avait déjà considérablement augmenté malgré les nombreuses privatisations . Sous le gouvernement JOSPIN , nous avons eu grâce à une croissance supérieure aux prévisions une fameuse cagnotte que D.S.K. voulait affecter au remboursement de la dette . Il faut se rappeler le tollé de la droite avec Mr. SARKOZY en tête demandant que cet argent soit dépensé ! Sous RAFFARIN il n’y a pas si longtemps j’entends le même SARKOZY déclarer que l’endettement allait approcher les 1.000 milliards d’EURO et que l’on ne pouvait pas continuer ainsi . Aujourd’hui nous avons dépassé le cap des 1.100 milliards d’EURO ! On voit bien que ce Monsieur n’est fort qu’en paroles et qu’il sait brasser de l’air , mais qu’il n’a aucune compétence dans le domaine financier ! Ce que la droite a réussi c’est de diminuer considérablement les impôts pour les plus riches et très peu ou pas du tout pour les classes moyennes .

Une entreprise qui serait gérée comme la maison France serait pratiquement en faillite quand on sait que l’impôt sur le revenu ne suffit même pas à payer les intérêts de la dette !
Croyez moi ce sujet alimente les conversations et je suis convaincu qu’il faut avoir l’audace de le placer au cœur de la prochaine campagne Présidentielle et nous comptons beaucoup sur SEGOLENE pour cela car si nous continuons ainsi nous allons droit dans le mur .L’inquiétude est grandissante chez les jeunes qui devront bien payer un jour les dettes de la maison France . Comment en effet dégager un budget pour des réalisations sociales avec un tel endettement .
Il faudrait à mon humble avis commencer par voter des budgets équilibrés pour éviter d’aggraver la dette encore plus en pratiquant des économies rigoureuses dans le budget de l’état . Les dépenses de l’Elysée qui sous la Présidence de CHIRAC ont augmentées de 850% pourraient être considérablement réduites et l’on pourrait sans doute trouver bien d’autres économies à réaliser .
Ensuite il faudra trouver des recettes supplémentaires à affecter au remboursement de la dette . Il est difficile d’aggraver la fiscalité déjà très élevée , mais ces recettes pourraient provenir des produits des privatisations et de la vente de bâtiments publics et de terrains sans affectation . Pourquoi aussi ne pas étudier l’instauration d’une taxe sur les transactions boursières de 0,25 à 0,50 % qui pourrait s’éteindre une fois la dette remboursée , mais il faudra du temps pour cela …
Bernard HUET , FOURAS
Ce deuxième chapitre du livre de Ségolène est consacré au chômage, à la précarité, aux délocalisations, aux 35 heures ... Il n'y a pas de remise en cause de ces dernières, mais le constat que cette avancée sociale très importante ne bénéficie pas à tous de manière égale. Si vous souhaitez réagir, vous pouvez le faire en cliquant. : ici
Dans une cité de ma ville, il y a un jeune qui depuis trois ans, entre deux séjours en prison, sème la perturbation et terrorise les habitants de son immeuble . Il vient d'être majeur . Tout le monde sait que cela finira mal pour lui . Aucune mesure préventive éducative efficace n'a pu être mise en place . Sa famille est défaillante . Ce jeune est intelligent et il pourrait faire tout autre chose.
Alors, prévoir des lieux éducatifs où des repères et des règles sont inculqués à ces jeunes en perdition , j'appelle cela leur donner une chance supplémentaire.
Pendant ce temps, Sarkozy parle de mettre les jeunes dès 13 ans en prison. C'est un peu différent.
Dans certains collèges, les professeurs n'arrivent pas à enseigner parce que les jeunes ne respectent pas les règles. Mettre, à côté des enseignants, des animateurs ou éducateurs pour permettre l'enseignement dans de bonnes conditions, c'est donner à ces jeunes de nouvelles chances d'apprendre. Dans le lycée professionnel dont je suis déléguée, j'observe que l'arrivée (voulue et réalisée par Ségolène) d'animateurs culturel, d'informatique et d'insertion est très positive pour les jeunes.
Pendant ce temps, Sarkozy parle de mettre des policiers dans les collèges . C'est un peu différent.
J'observe dans mon quotidien d'élue que certaines familles n'arrivent plus à assumer l'éducation de leurs enfants. Mettre les allocations sous tutelle , c'est proposer une mesure d'accompagnement de soutien à la parentalité et s'assurer que que ce sont les enfants qui en sont les bénéficiaires .
Pendant ce temps, Sarkozy parle de suppression des allocations . C'est un peu différent.
Au lycée Blaise Pascal dont je m'occupe, 300 élèves sur 320 sont internes. Je constate que l'internat permet à des jeunes de disposer d'un lieu sécurisé, confortable et de leur donner le cadre nécessaire pour qu'ils réussissent leurs études . C'est une chance de plus pour les jeunes qui n'en ont pas toujours.
Pendant ce temps, Sarkozy propose l'apprentissage dès 14 ans privant certains jeunes de 2 années de scolarité. C'est un peu différent.
Chaque citoyen a des droits et des devoirs . Notre République doit organiser l'égalité des droits et l'égalité des devoirs. C'est ainsi que chacun pourra se construire et trouver sa dignité dans notre société.








