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Mardi 5 février 2008

"Travailler sur nous-mêmes", "ne pas se replier dans le confort idéologique", "trouver des solutions neuves aux problèmes de notre temps" : à Boston, lundi soir 4 février, à l'invitation du Centre d'études européennes de l'Université Harvard, Ségolène Royal planchait devant une cinquantaine d'étudiants et quelques enseignants sur le thème "Refonder la gauche européenne". Ou, traduit par une auditrice démocrate fascinée par Barack Obama : "Comment redonner vie à un parti rigide et vieux jeu"

 

Mme Royal a dépeint un PS vieux jeu, qu'elle veut changer pour préserver l'essentiel : "Ce pour quoi nous avons toujours lutté, la valeur égale de chaque individu." C'est, a-t-elle clamé, ce qu'ont fait les sociaux-démocrates suédois ou danois, le Labour britannique ou encore les gauches italienne et espagnole – bref, ceux qui l'ont récemment emporté. Dans la société "bien organisée" à laquelle aspire la dirigeante socialiste, "les droits de chacun sont contrebalancés par les responsabilités de tous".

 

Devant son auditoire américain, elle a fait sienne la "valorisation du capital humain" prônée par Robert Reich, l'ancien ministre du travail de Bill Clinton. "La question est moins : comment résister aux changements? que : comment diriger le changement pour le meilleur?" Autrement dit : comment "mettre les gens avant l'idéologie?" Mme Royal propose de suivre le célèbre précepte de Thomas Jefferson, selon lequel une société se bâtit "du bas vers le haut".

 Pour redevenir attractif, le PS doit "se démocratiser, consulter régulièrement les adhérents, mais aussi les sympathisants", dit-elle. Il doit "cesser de faire de la politique à partir des livres" et n'avoir peur de s'approprier aucun sujet, a-t-elle martelé. Sécurité, efficacité économique, immigration, "identité nationale, patriotisme et même la religion sont au plus haut de nos préoccupations". Objectif : ne pas laisser le terrain à la droite. Pour renouveler les idées socialistes, Mme Royal attend beaucoup des think tanks, ces groupes intellectuels de réflexion qui, "aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ont réalisé un travail formidable en aidant les partis de gauche à redessiner leurs politiques".

Sur le plan organisationnel, l'exemple italien, où plus d'un million de personnes ont participé à un vote sur les orientations du nouveau Parti démocrate, lui apparaît la voie à suivre. Elle rêve de "plusieurs millions de personnes qui tranchent les débats", car "plus la base d'un parti est étroite, plus il a de mal à remettre ses dogmes en cause".

Mieux, "un leader est plus légitimé à 5 millions de votants qu'avec 150 000" – le nombre des adhérents au Parti socialiste. Une fois sa mue réalisé, le PS sera alors en mesure de diriger une "large coalition" allant du centre gauche via le Modem aux altermondialistes, à l'instar des alliances qui se mettent en place pour les élections municipales.

Interrogée sur les problèmes ethniques et d'immigration, MmeRoyal a insisté sur le "refus du communautarisme". La grande majorité de l'auditoire, pour qui le terme de communauté est fondateur des identités "conjuguées" (africain-américain, italo-américain, hispano-américain, etc.), n'a pas saisi de quoi Mme Royal parlait.

Par Sylvain CYPEL - JOURNAL LE MONDE

par desirsdavenir17 publié dans : Qu'en pensez-vous ?
Mardi 5 février 2008

En déplacement aux Etats-Unis dans la prestigieuse université d’Harvard (Massachusetts), Ségolène Royal a dénoncé « les dissensions » des membres du Parti socialiste sur la question européenne mises au grand jour lors du Congrès de Versailles.

Devant un parterre d’étudiants français et américains, la présidente de la région Poitou-Charentes a déploré l’indiscipline de ses pairs socialistes qui se sont illustrés lundi lors du vote sur la modification constitutionnelle préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne.

Interrogée sur la question européenne par une trentaine d’étudiants tirés au sort, Ségolène Royal a dénoncé l’affrontement que se sont livrés les socialistes sans même prendre selon elle le temps de la concertation. « L’actualité donne en ce moment un spectacle assez spécial en France puisqu’il y a le Congrès ». « Au sein du Parti socialiste, il y a eu beaucoup de désaccords, de dissensions sur la question de la Constitution, sur la question de l’Europe ». « Aujourd’hui, c’est assez douloureux pour les socialistes d’assister de nouveau à ces tensions alors qu’il y a tellement à faire » citant notamment la question du pouvoir d’achat. « Il va falloir lors des prochaines échéances statutaires du parti trancher une bonne fois pour toute la question de l’Europe. Moi je défendrai l’idée de l’Europe, je suis très européenne mais pas pour n’importe quelle Europe. Une Europe par la preuve, une Europe qui prend a bras le corps les problèmes politiques posées »

Ségolène Royal est revenue sur les attaques formulées dans son propre camp. « Les membres d’un parti doivent comprendre que nous défendions tous ensemble des idées majeures, des propositions ». « Moi-même, j’ai énormément souffert d’un manque de discipline et d’unité du parti alors que j’avais été désignée par 60% dès le premier tour » de la primaire socialiste en novembre 2006.

Ségolène Royal devrait mettre cette semaine aux Etats Unis à profit pour s’exprimer sur de nombreuses questions de politique étrangère et d’autres plus économiques, entourée par des professeurs d’Harvard.

par desirsdavenir17 publié dans : Qu'en pensez-vous ?
Mardi 5 février 2008

A Neuilly et Bondy, petit sondage de derrière les fagots.

Les Neuilléens, s’ils se montrent les plus aimables du monde avec le passant égaré, éprouvent une réticence à s’ouvrir à l’étranger incrusté dans la cité, surtout si celui-ci les assaille de questions. Ne désespérons pas pour autant de montrer au monde le visage authentique d’un Neuilly débarrassé de ses vieux poncifs.

On s’accroche donc, comme à l’occasion de ce petit sondage réalisé avec l’aide de quinze sympathiques Neuilléens qui ont accepté de répondre à ces questions : êtes-vous satisfait de votre existence ? Pensez vous qu’elle sera meilleure dans un an, ou pire ?

Trois jours ont été nécessaires pour réunir toutes les réponses, pas seulement à cause de la timidité des locaux. Il y a dans cette démarche un souci de ne pas cibler exclusivement les Neuilléens assujettis à l’ISF. Beaucoup de belles balades sous la pluie donc, pour trouver un peu de tout.

Sur quinze personnes sondées, cinq sont insatisfaites de leur existence à Neuilly. Parmi les trois individus interrogés en bas d’une résidence où logent les petits revenus de Neuilly, deux ont donné cette réponse. Des jeunes, qui voient dans leur travail à la voirie une situation temporaire.

Les trois autres insatisfaits sont : un lycéen qui angoisse pour son avenir, un publiciste qui s’apprête à déménager de Neuilly – « car la ville est très fermée sur elle-même et que c’est cher » – et un représentant des piliers de comptoir de la ville qui s'est fait larguer. Ces cinq-là ont tous l’espoir qu’il y aura du mieux dans leur existence, sauf le cœur d’ourson brisé par sa dulcinée.

Chez les bienheureux, un bon tiers table sur une stagnation de leur situation, un autre sur une amélioration, un dernier pense qu’ils devront se préparer à une récession économique susceptible de toucher leur secteur d’activité. Ce tiers restant représente la population commerçante du sondage ainsi qu’une personne qui affirme payer l’ISF, « pour le prochain coup de pompe du fisc, mais plus pour longtemps ».

Par souci de comparaison, le même sondage a été réalisé à Bondy, mais en beaucoup moins de temps, certainement parce que le Bondynois et la Bondynoise ont la réponse plus rapide, habitués aux sondeurs casse-pied de Carrefour.

Tout comme à Neuilly, un bon tiers des personnes interrogées se disent insatisfaits de leur existence, dont un lycéen de 17 ans qui se plaint de ne pas savoir encore ce que c’est qu’une fille. Deux reprochent à la ville d’être peu avenante et s’inquiètent de la situation de l’emploi. Une trentenaire caresse le rêve d’être parisienne et le dernier soumis à la question galère pour trouver du boulot.

Deux-tiers des satisfaits pensent que l’année sera moins joyeuse, les risques de récessions tempérant leur optimisme. Une personne est sûre que 2009 sera top, elle file en tour du monde. Le prochain cru aura meilleur goût, espèrent tous ceux qui ont décrété qu’ils ne seraient pas heureux cette année.

Un sondage annexe, avec seulement cinq individus, a été réalisé dans deux endroits emblématiques de Bondy et Neuilly. A Bondy Nord, les cités les plus glauques de la ville, personne n’est bien. A l’Ile de la Jatte, un des endroits réputés de la belle des Hauts-de-Seine, tous les sondés estiment que les oiseaux chantent.

Idir Hocini

par desirsdavenir17 publié dans : Qu'en pensez-vous ?
 
 
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