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Jeudi 3 avril 2008

Le secrétaire national du PS à l'économie, Michel Sapin, a estimé jeudi que l'on était aujourd'hui dans "la rigueur extrême", avant même la prise en compte des "effets de la crise mondiale" qui se traduira "inévitablement par des prélèvements sur tout le monde".

La rigueur est là. Il n'y a plus besoin de l'annoncer, plus besoin de la nier. Aujourd'hui, elle se traduit simplement par de la rigueur budgétaire, mais de la rigueur extrême, des coupes claires dans les budgets de l'Etat (...)", a déclaré le député de l'Indre lors d'une conférence de presse.

M. Sapin a attribué cette situation, non pas à la crise mondiale, mais au "décalage" entre les hypothèses budgétaires pour 2008 (inflation, déficit budgétaire, croissance) et les prévisions révisées, qualifiant ce décalage d'"erreur volontaire", les prévisions initiales étant selon lui, irréalistes.

L'ancien ministre de l'Economie et des finances a rappelé le gel de 7 milliards d'euros de crédits par le gouvernement cette année - "jamais une somme aussi importante n'avait été gelée", a-t-il dit -, sans compter les économies toutes prochaines de plusieurs milliards d'euros dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques.

Encore n'est-ce "qu'une première étape", car l'affaissement de la croissance américaine "aura des conséquences lourdes pour notre économie", a affirmé M. Sapin.

"Les effets de la crise mondiale n'ont pas encore été intégrés dans les comptes publics, dans les décisions du gouvernement. Le jour où il devra prendre en compte cette réalité, il y aura une deuxième étape, et ce seront inévitablement des prélèvements sur tout le monde, pour financer en particulier les 15 milliards d'euros qui n'ont profité qu'à quelques-uns", a-t-il expliqué en se référant au "paquet fiscal" voté en juillet 2007 par le parlement.

Au chapitre des propositions, M. Sapin a estimé que, sur ces 15 mds, "12 peuvent être annulés sans conséquence négative pour l'économie". Seule serait maintenue la réduction d'intérêts versés pour l'achat de la résidence principale.

Cette somme serait affectée d'abord au désendettement de l'Etat puis au "soutien au pouvoir d'achat": + 50% à la prime pour l'emploi, doublement de l'allocation de rentrée scolaire, abaissement d'un demi-point du taux de TVA sur les produits de première nécessité.

Pour "restaurer la compétitivité des entreprises", le PS préconise une modulation de l'impôt sur les sociétés en fonction de l'investissement des entreprises, une refonte des aides directes et fiscales, un effort budgétaire pour l'innovation et la recherche.

Source : AFP


par desirsdavenir17 publié dans : Qu'en pensez-vous ?
Jeudi 3 avril 2008

Les « jeunes lions » du PS sortent leurs griffes. En vue du congrès du PS, début novembre, Pierre Moscovici, 51 ans, député du Doubs, qui ne cache pas son désir de devenir le futur premier secrétaire, et Arnaud Montebourg, 46 ans, député de Saône-et-Loire, se préparent à déposer une contribution dont « Mosco » serait le premier signataire. Ce texte, dont une première ébauche doit être publiée à la fin du mois, manifeste une volonté de ne pas laisser le prochain congrès déraper vers un affrontement entre présidentiables, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë en tête.

« Le mariage de la carpe et du lapin »

Depuis plusieurs mois, les deux députés « se reniflaient ». Dimanche, une rencontre discrète s'est déroulée au Train Bleu, le restaurant de la gare de Lyon, histoire de rapprocher les points de vue. Car, comme dit un dirigeant socialiste, « Moscovici-Montebourg, c'est le mariage de la carpe et du lapin ». Le premier vient du courant de Dominique Strauss-Kahn, partisan du oui à la Constitution européenne quand le second a défendu le non et Ségolène Royal lors de la primaire socialiste. Mais, justifie Moscovici, « Montebourg a beaucoup évolué y compris sur la question européenne », ajoutant que « le clivage entre oui et non n'est plus pertinent » et que « le PS a besoin de nouvelles dynamiques ». Les deux hommes se trouvent même des points communs, sur la réforme des institutions ou l'avenir de la gauche, et dressent un constat similaire : « Si le PS entretient les bagarres du passé, il restera en miettes et ne gagnera pas aux élections nationales. »

Le refus d'un affrontement entre présidentiables cimente leur union. « Si le parti est entre leurs mains, nous aurons un match épuisant jusqu'en 2012 : nous proposons aux militants un autre choix que la guerre des écuries présidentielles », prévient Montebourg. Place donc à une équipe dirigée par un premier secrétaire qui ne postulerait pas pour la prochaine présidentielle : c'est le cas de Pierre Moscovici. En plaçant à sa tête un quinqua, ce nouveau tandem espère aussi aider le PS à tourner une page. « Une nouvelle génération est apparue et il ne semble pas anormal que le futur premier secrétaire appartienne à cette tranche d'âge », explique Mosco. Pour Montebourg, c'est sûr : ce nouveau duo, c'est « la dream team de la reconstruction ».

Eric Hacquemand / Le Parisien

par desirsdavenir17 publié dans : Qu'en pensez-vous ?
 
 
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