Les « jeunes lions » du PS sortent leurs griffes. En vue du congrès du PS, début novembre, Pierre Moscovici, 51 ans, député du Doubs, qui ne cache pas son désir de devenir le futur premier secrétaire, et Arnaud Montebourg, 46 ans, député de Saône-et-Loire, se préparent à déposer une contribution dont « Mosco » serait le premier signataire. Ce texte, dont une première ébauche doit être publiée à la fin du mois, manifeste une volonté de ne pas laisser le prochain congrès déraper vers un affrontement entre présidentiables, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë en tête.
« Le mariage de la carpe et du lapin »
Depuis plusieurs mois, les deux députés « se reniflaient ». Dimanche, une rencontre discrète s'est déroulée au Train Bleu, le restaurant de la gare de Lyon, histoire de rapprocher les points de vue. Car, comme dit un dirigeant socialiste, « Moscovici-Montebourg, c'est le mariage de la carpe et du lapin ». Le premier vient du courant de Dominique Strauss-Kahn, partisan du oui à la Constitution européenne quand le second a défendu le non et Ségolène Royal lors de la primaire socialiste. Mais, justifie Moscovici, « Montebourg a beaucoup évolué y compris sur la question européenne », ajoutant que « le clivage entre oui et non n'est plus pertinent » et que « le PS a besoin de nouvelles dynamiques ». Les deux hommes se trouvent même des points communs, sur la réforme des institutions ou l'avenir de la gauche, et dressent un constat similaire : « Si le PS entretient les bagarres du passé, il restera en miettes et ne gagnera pas aux élections nationales. »
Le refus d'un affrontement entre présidentiables cimente leur union. « Si le parti est entre leurs mains, nous aurons un match épuisant jusqu'en 2012 : nous proposons aux militants un autre choix que la guerre des écuries présidentielles », prévient Montebourg. Place donc à une équipe dirigée par un premier secrétaire qui ne postulerait pas pour la prochaine présidentielle : c'est le cas de Pierre Moscovici. En plaçant à sa tête un quinqua, ce nouveau tandem espère aussi aider le PS à tourner une page. « Une nouvelle génération est apparue et il ne semble pas anormal que le futur premier secrétaire appartienne à cette tranche d'âge », explique Mosco. Pour Montebourg, c'est sûr : ce nouveau duo, c'est « la dream team de la reconstruction ».
Eric Hacquemand / Le Parisien
