Une quinzaine de débats Désirs d?Avenir se sont déjà tenus en Charente-Maritime (Aulnay, La Rochelle, Saintes, Rochefort, Ile de Ré, Montendre?), réunissant au total plusieurs centaines de citoyens.
Des citoyens avides de parole, avides d?écoute, qui font des propositions concrètes pour que leur quotidien et celui de leurs concitoyens s'améliore.
Il y a un véritable souci exprimé de proximité, pas exclusivement pour recevoir mais aussi pour donner. Les structures, qu'elles soient politiques ou administratives apparaissent très éloignées du quotidien et l'on sent une certaine révolte devant cet état de fait.
C'est pour cela qu'il y a une si grande participation à ces débats : leur avantage, c'est qu'ouverts à tous, ils ne donnent pas l?impression d'être dans un parti politique. Au contraire, les participants n'ont plus de retenue pour exprimer une opinion ou donner une idée, comme s'ils avaient compris que la seule condition pour adhérer à Désirs d'Avenir c'était « si je ne suis pas d?accord avec toi, cela ne signifie pas que tu as tort », et il y a effectivement une grande tolérance dans les propos.
Sur les thèmes abordés et dans leur ordre d'importance, on ressent un double souci :
F Un souci d'égalité : questions de la santé et de la solidarité
F Mais en même temps un souci de responsabilité vis à vis des générations futures pour les questions d'éducation et l?environnement. La synthèse de ces deux exigences fondamentales, c'est un véritable besoin de justice, c'est la demande de cet ordre juste », contraction qui résume sans doute le mieux ces attentes.
Sur les propositions :

1. 1 - LA SANTE
- Il ressort des débats un profond malaise : on est arrivé à mettre dans l'esprit de chacun que la médecine privée exercée par des spécialistes dans des cliniques était meilleure que celle de l'hôpital public. Car chacun a compris que cette volonté de privatisation de la santé se fera au détriment des citoyens les moins fortunés. Il y a une véritable demande pour remettre l'hôpital public au c?ur du dispositif de santé en France, en lui accordant les moyens nécessaires. La politique de santé doit apparaître comme un vrai choix de société et non pas comme aujourd'hui dictée par des choix comptables.
- Le second constat est celui de l'inégalité territoriale face aux interventions d'urgence et en particulier pour la gestion des gardes de médecins et pharmacies les week-end et jours fériés, tout particulièrement en milieu rural.
- On observe aussi une réelle incompréhension face au fait que le médicament générique ne soit pas imposé ainsi qu'une forte demande pour que l'Etat finance une véritable recherche publique. La crainte exprimée est la suivante : devant certaines maladies, l'inégalité financière entraînera à terme une inégalité de traitement?
- Une politique de santé digne ce nom ne peut passer que par une réforme de l?assurance maladie : il faut arrêter de culpabiliser les malades sur le coût de leur santé ! S'il est juste d'éviter les gaspillages, il est profondément injuste de différencier le traitement de la santé en fonction des revenus.
2. 2 - EDUCATION
- Le constat a été fait que l'organisation du système éducatif français est toujours basé sur une culture datant des années 70 /80. Les participants aux débats ont compris que la société a évolué et que ce système doit prendre en compte tous ces nouveaux éléments.
- Ils ont exprimé leur crainte devant la privatisation de l?éducation sous toutes ses formes : crèches, écoles, lycées, universités? Si des mesures strictes ne sont pas prises pour une nouvelle définition des responsabilité éducatives dans notre pays, il y aura un accroissement rapide de l'inégalité des traitements et donc une amplification de la ruptures entre deux sociétés, deux mondes.
- La principale demande est celle d'un vrai service de la petite enfance de proximité, égalitaire, « agile », souple, pour pouvoir répondre aux attentes des familles. Celles-ci ont besoin de participer, elles ne cherchent pas à « se débarrasser » de leurs enfants mais à s'engager dans une démarche de co-éducation.
- Les débats ont traduit un impératif de socle commun en matière d'instruction dès le primaire. Chaque enfant doit savoir lire, écrire et compter. C'est le minimum que la société doit à ses citoyens. Le rôle de l'enseignant est de transmettre des savoirs, d'instruire, mais pas d'éduquer les jeunes qui lui sont confiés. Pour tenir compte de l'évolution de nos sociétés, l?éducation doit être un ensemble, ce qui suppose l'ouverture des structures scolaires et que l'école ne soit que l'un des éléments de cette organisation éducative.
- L'apprentissage, lui, ne doit pas être appréhendé comme une sanction, ni en termes péjoratifs, mais comme une méthode éducative noble.
- D'autre part, il est clair que les interventions de Ségolène sur l'encadrement des jeunes primo délinquants répond parfaitement à l'attente des participants qui ont bien fait la distinction entre mesure éducative préventive et répression, la répression ne créant que la révolte et l'incompréhension !
- Enfin, la particularité française qu?est la laïcité constitue le socle incontournable d?une véritable politique éducative

3. 3- ENVIRONNEMENT
- Comme pour l'éducation, la nécessité première est le rétablissement de la confiance entre les générations : les craintes exprimées par les participants sur l'environnement sont importantes.
- il se dégage l'impression générale d?une volonté des élus de toujours chercher le compromis en matière d'environnement, plutôt que de définir des règles strictes dans les domaines tels que l'eau (cette eau, source de vie, qu'on achète aujourd'hui en bouteilles, ne sera-t-elle pas demain taxée comme les carburants ?).
En ce qui concerne les énergies, l'exigence est claire : la production d'énergie (comme le nucléaire) ne doit pas être livrée au privé, qui ferait ses prix et provoquerait une rupture de l'égalité de traitement des citoyens sur notre territoire.
- On constate aussi une grand incompréhension face au transport routier : l'Etat construit des routes alors qu?il pourrait faire du rail? le camion est subi comme un « envahisseur », avec derrière la crainte qu'une puissance marchande serait capable de bloquer l'ensemble du pays.
- Dans un autre domaine, on constate que le monde rural, qui aujourd?hui entretient les paysages, est largement aidé dans son activité (agriculteurs très subventionnés). Dans le même temps, on constate la disparition progressive de ces professions. La question est : qui entretiendra nos paysages ? On va assister à l?industrialisation massive de l?agriculture et dans le même temps au développement de zones de jachères non entretenues? Pourquoi ne pas créer, dans le cadre des actions de réinsertion, une véritable politique nationale de l’entretien de nos paysages ? Celle-ci aurait un double effet : maintenir un environnement entretenu, par l’intégration d’hommes et de femmes qui deviendraient des agents économiques comme les autres.
4. solidarité
- La première des solidarités est la définition du socle commun entre les individus : la même santé, la même éducation, le même environnement…
- De nombreuses propositions ont été faites sur des thématiques spécifiques comme le logement, la réorganisation des services, ASSEDIC et ANPE, les 35 heures?
- Il en ressort que la solidarité doit être considérée comme interactive : chacun doit comprendre que même si la solidarité est exercée individuellement, elle doit être restituée sous une autre forme car l'objectif moral d'un société ce n'est pas d'entretenir des bénéficiaires de solidarité. Le respect de la dignité humaine passe par une obligation d?intégration permanente des individus. C'est pourquoi, à tous les niveaux (Etat, région, département, communes?), il doit être mis en place une politique d'intégration collective plutôt qu?une politique de solidarité différenciée.
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