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Mercredi 11 novembre 2009

 Loin de profiter aux élèves les plus modestes, l’assouplissement de la carte scolaire contribue à la ghettoïsation des collèges «ambition réussite» (les plus défavorisés) en les vidant de leurs meilleurs élèves. Le constat n’est pas nouveau mais, cette fois, il vient de la Cour des comptes elle-même. Dans un rapport sur les politiques éducatives dans les quartiers sensibles, présenté le 3 novembre devant la commission des finances, elle épingle, au passage, l'assouplissement mis en place à la rentrée 2007 qui aboutit à «une plus grande concentration dans ces collèges des facteurs d’inégalités». 

Selon ce rapport, sur 254 établissements ambition réussite, 186 ont perdu jusqu’à 10% d’élèves. «Vraiment pas une surprise» aux yeux de Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, le syndicat des chefs d’établissement qui avait déjà réclamé en septembre 2009 un vrai bilan. «L’assouplissement a été traité par-dessus la jambe entre 2007 et 2009, juge-t-il. Le ministère s’est juste préoccupé de proclamer haut et fort qu’on avait donné tant de dérogations sans mener aucune enquête sur les conséquences sur la mixité scolaire.»

C’est l’histoire d’un aveuglement volontaire et idéologique. Car depuis 2007, les signaux d’alerte n’ont pas manqué. Dès la rentrée 2007, deux inspecteurs, Jean-Pierre Obin et Christian Peyroux, remettent un rapport alarmant au ministre de l'éducation de l'époque, Xavier Darcos. «La question de la survie de certains collèges est ouvertement posée, écrivent-ils. C'est aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements que la mixité sociale est mise le plus rudement à l'épreuve: dans les établissements les plus convoités, il y a peu d'élèves de condition modeste; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu.» Révélé en juin 2008 par Le Monde, le rapport est qualifié de «double ânerie» par Xavier Darcos.


Déstabilisation des collèges moyens

Lors de l’examen du projet de loi de finances 2009, les rapporteurs de la commission des affaires culturelles du Sénat s’étonnent du silence du ministère pourtant «interrogé par écrit sur ce point». «Le ministère s'expose ainsi à des critiques inutiles, en n'engageant pas le débat alors qu'il dispose de solides arguments en sa faveur», concluent-ils, avec une confiance sans faille. Mais à la rentrée 2009, le premier collège «Ambition réussite» ferme, dans un quartier défavorisé d’Avignon, après avoir perdu près de la moitié de ses effectifs.

Un sénateur UMP du Vaucluse, Alain Dufaut, s’insurge alors contre les «effets pervers de l’assouplissement». Certes le lycée d'élite Henri-IV est passé de 3 à 6 % de boursiers en seconde. Mais parallèlement, cette mesure «a eu tendance à vider les établissements des quartiers défavorisés de leurs meilleurs élèves», dit Alain Dufaut.

Les seuls chiffres jamais publiés par le ministère de l'éducation sont ceux des dérogations demandées (en hausse de 9,4% en 2009) et du taux de satisfaction des demandes (72% à l’entrée en 6e et 65% pour la seconde). Rien sur la mixité sociale et scolaire, pourtant l’autre objectif affiché de la réforme, avec le libre choix des familles. C’est presque par hasard que la Cour de comptes, chargée par la commission des finances d’un rapport sur l’articulation entre politiques d’éducation prioritaires et politique de la ville, est tombée sur l’os, en analysant les résultats collèges «ambition réussite» dans trois académies (Aix-Marseille, Lille et Versailles).

 

«Aujourd’hui, il est urgent d’agir», met en garde Philippe Tournier. Très visibles aux deux extrémités de la chaîne, dans les établissements les plus en difficulté qui se ghettoïsent, et chez les plus réputés, obligés de pousser les murs pour accueillir des classes d’une trentaine d’élèves, les effets de l’assouplissement «déstabilisent aussi les collèges moyens», selon le secrétaire général du SNPDEN. «On voit des mécanismes de différenciation se mettre en place, décrit-il. Le choix des parents ne se joue pas sur des différences de politique éducative selon les établissements mais sur l’idée que certains établissements sont meilleurs que d’autres. Cette recherche du meilleur établissement amène à une répartition des niveaux scolaires entre les collèges avec les bons, les moins bons et au bout de la chaîne les élèves les plus faibles et démunis qui ne peuvent aller autre part.» Des mécanismes déjà décrits dans les enquêtes sur les expériences de d'assouplissement des années 1980 mais, manifestement, pas prises en compte par le gouvernement.

http://www.mediapart.fr/sites/all/themes/mediapart/mediapart/images/mediapart_head.pngpar  Louise Fessard
Lire Aussi

A Avignon, l'assouplissement de la carte scolaire achève un collège «ambition réussite»

Un sénateur UMP dénonce «les effets pervers» de l’assouplissement de la carte scolaire

 

Par desirsdavenir17
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Mercredi 11 novembre 2009
Par desirsdavenir17
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Mercredi 11 novembre 2009
Par Augustin Scalbert  Rue89

Monica Belluci à Cannes en 2002 (Eric Gaillard/Reuters)

Nos amis de Bakchich ont levé un fameux lièvre dans le numéro qui paraît en kiosques ce mercredi. On savait que les stars aimaient à se vendre pour des causes plus ou moins commerciales, mais 190 000 euros pour une soirée de quatre heures organisée par la fille du dictateur ouzbek Islam Karimov… Monica Bellucci l'a fait.

 

La petite sauterie a eu lieu le 8 avril au musée d'art moderne de la ville de Paris, raconte Bakchich Hebdo. Lola Karimova-Tillyaeva « joue auprès de son père, le président-dictateur ouzbek Islam Karimov, le rôle de rabatteuse de stars », expliquent nos confrères, en citant d'autres fréquentations célèbres de cette « poupée Barbie » : Massimo Gargia, Emmanuelle Béart, Bernadette Chirac et Alain Delon.

En avril donc, Monica Bellucci a accepté de dépenser quatre heures de son temps, petit laïus compris, en échange de l'équivalent de douze années de smic. « Sans aucun contact, précisait le contrat signé au printemps, avec la presse », ajoute Bakchich Hebdo. La soirée était organisée au profit de la fondation Ouzbékistan 2020, créée par la fille d'Islam Karimov.

Le reste de l'enquête raconte comment une autre star, Isabelle Adjani, a été approchée, mais en vain, et comment Alain Delon ou Françoise Sagan se sont laissé séduire par les sirènes de la république d'Asie centrale…

En octobre, la marque Dior avait transformé Catherine Deneuve en présentoir à bijoux, le temps d'un JT sur TF1. Montant total des breloques : 11 000 euros. Mais l'histoire ne dit pas si Catherine a touché un petit chèque en plus.

Photo : Monica Belluci à Cannes en 2002 (Eric Gaillard/Reuters)

Six mois de sursis
Lundi 9 novembre, le tribunal de commerce de Paris a placé la société éditrice de Bakchich Hebdo et de Bakchich.info en redressement judiciaire, avec une période de continuation de six mois.
Selon la lettre professionnelle Presse News, Bakchich Hebdo se vend actuellement à 16 000-17 000 exemplaires, alors que 20 000 sont nécessaires pour atteindre la rentabilité.


Six mois de sursis
Lundi 9 novembre, le tribunal de commerce de Paris a placé la société éditrice de Bakchich Hebdo et de Bakchich.info en redressement judiciaire, avec une période de continuation de six mois.
Selon la lettre professionnelle Presse News, Bakchich Hebdo se vend actuellement à 16 000-17 000 exemplaires, alors que 20 000 sont nécessaires pour atteindre la rentabilité.

Par desirsdavenir17
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Mercredi 11 novembre 2009

Contrairement à ce que peut laisser entendre une interview qu'elle a accordée  lundi matin, la romancière Marie NDiaye ne renie rien des propos qui lui ont valu d'être rappelée à l'ordre par Eric Raoult mardi. Et en appelle à son tour à Frédéric Mitterrand, pour qu'il « mette un point final à cette histoire ridicule ». Entretien avec le prix Goncourt 2009

m-ndiaye.jpg
(c)Baltel/Sipa
Marie NDiaye est née à Pithiviers en 1967. Découverte par Jérôme Lindon, elle est l’auteur d’une douzaine de livres, dont «Rosie Carpe», «la Femme changée en bûche», «la Sorcière» ou «Hilda». Elle vit à Berlin, et vient de recevoir le prix Goncourt 2009 pour «Trois femmes puissantes».

 

 

BibliObs.- Après la diffusion, sur Europe 1, d'une interview dans laquelle vous reconnaissez avoir tenu des propos « excessifs » à l'encontre de Nicolas Sarkozy, on dit partout que le texte d'Eric Raoult vous a fait revenir sur vos positions. Est-ce vraiment le cas ?

 

Marie NDiaye.- Cela vient d'une interview que j'ai accordée lundi matin à Berlin, avant d'être informée de l'existence de ce texte dans lequel Eric Raoult en appelle à Frédéric Mitterrand, et dont je n'ai pris connaissance que lundi soir. Il me semblait alors important de ne pas adopter, ni pour moi ni pour mon mari Jean-Yves Cendrey, la posture d'écrivains des années 1930 fuyant le fascisme, puisqu'il est évident qu'il ne s'agit pas de cela.

 

Mais depuis lundi matin, le contexte a changé avec la publication de ce texte grotesque et hallucinant d'Eric Raoult. Il n'est plus nécessaire d'affiner mes propos antérieurs, que je maintiens.

 

BibliObs.- Y compris lorsque vous dites que la France de Nicolas Sarkozy a pour vous un côté « monstrueux » ?

 

M. NDiaye.- La manière dont depuis deux ans et demi on s'attaque au problème de l'immigration est à mes yeux inacceptable. Ce dont s'occupe le Réseau Education sans Frontières, par exemple, la manière dont on va chercher des enfants sans papiers dans leur école, est révoltante.

 

 

Eric-Raoult_Capman-Vincent_Sipa.jpg
(c)Capman/Vincent/Sipa
Eric Raoult

 

 

BibliObs.- Qu'attendez-vous à présent de Frédéric Mitterrand, puisque c'est à lui que s'adressent les doléances d'Eric Raoult, et comment expliquez-vous son silence ?

 

M. NDiaye.- J'attends qu'il réponde enfin à la question que lui pose Eric Raoult, qu'il prenne clairement position sur cette affaire, et mette un point final à cette histoire ridicule. Son silence est mystérieux, et ressemble à un silence embarrassé, alors qu'il n'y a me semble-t-il aucune raison de l'être.

 

BibliObs.- Etes-vous surprise et affectée par cette polémique?

 

M. NDiaye. - Surprise par les propos d'Eric Raoult, qui dépassent en ridicule tout ce qu'on peut imaginer, oui. Affectée, non.

 

Propos recueillis par Grégoire Leménager

Par desirsdavenir17
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Mercredi 11 novembre 2009

Nicolas Sarkozy avec Neil Armstrong sur la lune, ou bloquant l'arrivée des chars Place Tian'anmen… La toile s'amuse, en pleine polémique sur la présence du président à Berlin le 9 novembre 89.

Nicolas Sarkozy assistant au "Baiser de l'hôtel de ville" du photographe Doisneau, par Informagicien

Nicolas Sarkozy assistant au "Baiser de l'hôtel de ville" du photographe Doisneau, par Informagicien

La controverse sur la présence du Nicolas Sarkozy au pied du Mur de Berlin le 9 novembre 1989 a amusé les internautes qui s'en sont donnés à coeur joie pour parodier le chef de l'Etat.
"Nicolas Sarkozy y était, voici les preuves" : des photos détournées rassemblées en diaporama sur le site de Libération montrent le président de la République participant aux grands événements historiques.
Montré en soldat du débarquement de Normandie, il est aussi assis joyeux aux côtés de Churchill, Roosevelt et Staline lors des accords de Yalta. Il signe également l'armistice de la Première Guerre mondiale le 11 novembre 1918 et participe même à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789.
On le voit sur la lune avec Neil Armstrong en train de planter le drapeau tricolore, résistant devant les chars chinois sur la place Tiananmen, ou parmi le public lors de l'assassinat de John Kennedy en 1963.
Il est aux premières loges de la finale de la Coupe du monde 98 débarquant des vestiaires sous le maillot tricolore devant Zidane. Il assiste, arborant lunettes noires et béret, au "Baiser de l'hôtel de ville", célébrissime photo de Doisneau, et supplante même Dieu dans la célèbre genèse du monde de Michel Ange.


Nicolas Sarkozy sortant des vestiaires pour la finale de la coupe du monde de Football 1998, par Sarkonnexion

"Ich bin ein Baratineur"


La rivale du président en 2007, Ségolène Royal,ne se prive pas d'ironiser dans une vidéo postée sur Dailymotion.com. En chapeau de pluie dans les rues de Berlin devant les dominos symbolisant le Mur, elle persifle : "manifestement il n'était pas à Berlin le 9 novembre [...] Heureusement qu'il n'a pas prétendu être là le jour de la prise de la Bastille parce que je ne sais pas comment il s'en serait sorti!"
Sur Youtube, une vidéo intitulée "Sarkozy : le mensonge de Berlin" montre un président en pleine "Quatrième dimension". Sous la musique menaçante de cette série américaine de science-fiction des années 60, on l'entend dire, sur des images en noir et blanc : "mes chers amis berlinois, mon nom est Nicolas Sarkozy, je suis le président des Français, je suis le président du temps, j'ai le pouvoir suprême de dire n'importe quoi à n'importe qui... n'importe quand".
"Sarkozy: ich bin ein Baratineur !", titre à sa une le Canard Enchaîné de cette semaine. "Une phrase historique pour clore la polémique", précise le journal satirique.

(Nouvelobs.com avec AFP)
Par desirsdavenir17
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